Qui sommes-nous? reponse a Abdelaziz Bouteflika

Les nouvelles du monde berbere
(en dehors de la Kabylie)

Modérateur: mbibany

Qui sommes-nous? reponse a Abdelaziz Bouteflika

Messagede winnath » Mer Mai 10, 2006 12:45

Mes chers compatriotes
par Boualem Sansal
Le Nouvel Observateur du 16 au 22.03.2006

Exclusif. L'écrivain, qui vit à Alger, adresse dans un livre une lettre de colère et d'espoir où il rêve d'une Algérie vraiment authentique. Par Boualem Sansal

Quelles sont, selon vous, les raisons du mal-être qui ravage le pays ? Les réponses renvoient toutes à ces thèmes que nous ruminons à longueur de temps : l'identité, la langue, la religion, la révolution, l'histoire, l'infaillibilité du raïs. Ce sont là ces sujets tabous que le discours officiel a scellés dans un vocable fort : les Constantes nationales. Défense d'y toucher, on est dans le sacré du Sacré. Stupeur et tremblement sont de rigueur. Ouvrons la boîte des Constantes et faisons la part des choses.


Le peuple algérien est arabe
Cela est vrai, mes frères, à la condition de retirer du compte les Berbères (Kabyles, Chaouis, Mozabites, Touaregs, etc., soit 80% de la population) et les naturalisés de l'histoire (mozarabes, juifs, pieds-noirs, Turcs, coulouglis, Africains... soit 2 à 4%). Les 16 à 18% restants sont des Arabes, personne ne le conteste. Mais on ne peut jurer de rien, il y eut tant d'invasions, d'exodes et de retours dans ce pays, hors la couleur du ciel, rien n'est figé. Nos ancêtres les Gaulois et nos ancêtres les Arabes sont de ce mouvement incessant de l'histoire, et ça laisse des traces. Moi-même, qui ai beaucoup cherché, je suis dans l'incapacité de dire ma part rifaine, kabyle, turque, judéo-berbère, arabe et mon côté français. Nous sommes trop mélangés, dispersés aux quatre vents, il ne nous est pas possible, dans ma famille, de savoir qui nous sommes, d'où nous venons et où nous allons, alors chacun privilégie la part de notre sang qui l'arrange le mieux dans ses démarches administratives. Les Berbères n'ont pas forcément vocation à être, à eux seuls, les enfants de l'Algérie. Le fait d'être là depuis le néolithique n'est pas une fin en soi. Bientôt les Chinois, de plus en plus nombreux chez nous, pourront clamer que l'Algérie est chinoise et il sera difficile de les contredire. Disons que pour le moment l'Algérie est peuplée d'Algériens, descendants des Numides, et on en reste là. Cette Constante, l'affirmation entêtée d'une arabité cristalline descendue du ciel, est d'un racisme effrayant. En niant en nous notre pluralité multimillénaire et en nous retirant notre élan naturel à nous mêler au monde et à l'absorber, elle nous voue tout simplement à la disparition. Pourquoi veut-on faire de nous les clones parfaits de nos chers et lointains cousins d'Arabie ? De quoi, de qui ont-ils peur ? Je comprends que les Kabyles, les Berbères les plus ardemment engagés dans le combat identitaire en aient assez d'être vus comme inexistants dans leur propre pays, ou pire, comme une scorie honteuse de l'histoire des Arabes. Mais quand même, s'ingénier à se vouloir arabes par force et s'affirmer kabyles avec la même farouche intensité, c'est pile et face du même racisme. Nous sommes des Algériens, c'est tout, des êtres multicolores et polyglottes, et nos racines plongent partout dans le monde. Toute la Méditerranée coule dans nos veines.


Le peuple algérien est musulman
Clamée avec cette inébranlable intention, cette Constante est une plaie, elle nie radicalement, viscéralement, les non-croyants, les non concernés et ceux qui professent une foi autre que l'islam. En outre, elle offre le moyen à certains de se dire meilleurs musulmans que d'autres, et qu'en vertu de cela ils ont toute latitude de les redresser. De là à songer à les tuer, en même temps que les apostats, les mécréants, les non-pratiquants et les tenants d'une autre foi, il n'y a qu'un pas et il a été maintes fois franchi en toute bonne conscience.
En validant cette Constante, la Constitution, qui stipule que « l'islam est religion d'Etat », fait de l'Etat le garant d'un génocide annoncé et en partie réalisé. Et nous voilà forcés à la peur, à la vigilance, à l'hypocrisie, à la protestation permanente de bonne foi, à la surenchère, bref, à la bigoterie institutionnalisée, et de là, à nous enrôler dans le jeu infernal des chefferies en place. Il faut bien vivre et penser à sa famille. On s'invente une filiation, on se fait une barbe, on se cogne le front contre le mur pour se faire la marque nécrosée du grand dévot, on se déguise en taliban fiévreux. Du mimétisme au fanatisme, il n'y a qu'un pas. La phase suivante de l'islamisme, et elle viendra, c'est un processus cumulatif à explosions périodiques, sera infiniment plus terrible. Affirmer que le peuple algérien est musulman revient à dire : qui n'est pas musulman n'est pas des nôtres. Or tout croyant trouvera sur sa route plus croyant que lui. Si de l'étincelle ne jaillit point la lumière, alors le feu ira à la poudre.
Il n'y a qu'un système qui peut nous sauver de ce processus funeste : la laïcité. Est-ce si sûr, la France laïque est-elle à l'abri de ses intégristes ? La laïcité est une condition nécessaire mais non suffisante. Il y a encore tant à faire pour que la liberté, l'égalité et la fraternité soient le pain de chaque jour pour tous. En attendant, chez nous, entre nous, empressons-nous de mettre un peu de laïcité dans notre thé, ce sera ça de gagné. On pourra alors être musulmans sans avoir de comptes à rendre à personne, sauf à Allah, le jour du Jugement dernier. Et d'ores et déjà, nous le savons, sa clémence nous est acquise.
Et si le gouvernement voulait bien nous écouter un jour, nous lui suggérerions de supprimer l'enseignement religieux de l'école publique, de fermer les mosquées qui ont proliféré dans les sous-sols des ministères, des administrations, des entreprises, des casernes, de revenir au week-end universel, de réduire la puissance des haut-parleurs des minarets, de fondre l'impôt religieux dans la fiscalité ordinaire, d'intégrer la construction des mosquées dans le plan directeur des villes, etc. L'étape suivante réclame un ingrédient essentiel que le gouvernement ne peut, hélas, pas nous donner : la démocratie.


L'arabe est notre langue
Rien n'est moins évident. L'arabe classique est langue officielle, c'est vrai, mais pas maternelle, pour personne. Chez soi, en famille, dans le clan, la tribu, le arch, le douar, le quartier, c'est notre quotidien, nous parlons en berbère (kabyle, chaoui, tamashek...), en arabe dialectal ou en petit français colonial, voire les trois ensemble quand on a le bonheur de posséder l'un et l'autre. Personne ne le fait en arabe classique, sauf à vouloir passer pour un ministre en diligence ou un imam sur son minbar. Plus tard, les choses se gâtent affreusement : pendant que les parents travaillent en arabe classique (dans certaines administrations) ou en français moderne (dans le reste du monde professionnel), les enfants papotent, jouent, s'amourachent ou se disputent dans l'une ou l'autre des langues berbères ou en arabe dialectal, mais font leurs devoirs en arabe classique, version ministère de l'Education, tandis que leurs grands frères, à l'université, étudient en français et se parlent dans une sorte d'espéranto empruntant à toutes les langues et patois usités dans le pays.
La mauvaise gestion politique de cette question sensible a fini par balkaniser le pays. Trois courants forts se sont taillé chacun son empire dans le système : le courant arabophone, tout-puissant dans l'enseignement primaire et secondaire, la justice, la police, l'administration territoriale, la télévision, les partis de l'Alliance ; le courant francophone, appelé aussi Hizb França, le parti de la France, maître absolu dans l'administration centrale, les entreprises, les universités, les grandes écoles, les partis et associations démocratiques, et la communication internationale ; le courant berbérophone, qui s'est fait un nid dans le culturel marginalisé. Un quatrième courant, récent, dit algérianiste, tente timidement de fédérer ces puissants Etats tandis que le courant anglophone, encore peu visible, prépare une offensive globale. La conclusion, vous la connaissez : l'arabe classique est la langue de l'Algérie mais les Algériens parlent d'autres langues. Ça ne vous rappelle pas l'Europe du Moyen Age ? Moi, si. Les seigneurs glosaient en latin, les serfs se débrouillaient comme ils pouvaient.
Dans le discours officiel, il y a des affirmations politiques. La première est que nous ignorons l'arabe parce que le colonialisme nous en a frustrés. Y croyez-vous ? Moi pas, ou alors qu'on m'explique pourquoi ce foutu colonialisme n'a pas agi de même pour nos autres langues. L'arabe dialectal était enseigné dans ses lycées au côté de l'arabe classique, et nos langues berbères se pratiquaient au vu et au su de ses gendarmes alors même qu'elles véhiculaient dans leurs chants et poèmes un discours des plus insurrectionnels. En outre, l'arabe classique s'enseignait tranquillement dans les écoles coraniques et les medersas, et très officiellement dans les lycées dits franco-musulmans, qui, soit dit en passant, et cela est connu, ont produit de très fins lettrés bilingues. Cela dit, la guerre de libération a essentiellement emprunté à la langue française et à son incomparable essence révolutionnaire pour construire ses plans, véhiculer ses idées, internationaliser la cause. La fameuse proclamation du 1er novembre 1954 de même que la charte de la Soummam ont été rédigées en un français que ne désapprouverait aucunement l'Académie française, encore moins maintenant que notre compatriote Assia Djebbar y siège de plein droit. Notre grand écrivain Kateb Yacine a résumé son élégante pensée en une phrase : «Le français est à nous, c'est un butin de guerre.» La deuxième affirmation est que le colonialisme a nié notre identité et nos origines. Là, c'est vrai, nos ancêtres les Gaulois était d'un ridicule accompli. Ce n'est même pas valable en France, où un Français sur deux a un parent d'origine étrangère, quand ce n'est pas toute la famille. Mais à quelques pour cent près, ne pourrait-on pas dire la même chose à propos de nos ancêtres les Arabes ?
Si le gouvernement voulait bien nous écouter, nous lui suggérerions de constitutionnaliser l'arabe dialectal et le français. On n'est jamais fou quand on édicte des lois qui correspondent à la réalité et jamais on n'a assez de langues pour se faire comprendre.

Ainsi décortiquées, lesdites Constantes nationales ne sont en fin de compte que méchantes trouvailles, nuisibles pour la République, dangereuses pour le peuple. Elles sont la mort de la vérité, de la spiritualité, de la saine piété, du patriotisme. Elles ont servi et servent seulement à cela : hiérarchiser et aligner, marginaliser et exclure, légitimer et consacrer, adouber et enrichir. Nos constantes à nous sont simples : liberté d'être et bonheur de douter.

© Gallimard


Né en 1949, Boualem Sansal vit en Algérie. Il a publié quatre romans chez Gallimard : « le Serment des barbares », « l'Enfant fou de l'arbre creux », « Dis-moi le paradis » et « Harraga ». Le texte que nous publions est un extrait de « Poste restante : Alger, lettres de colère et d'espoir à mes compatriotes », qui paraît cette semaine chez Gallimard
winnath
 

Hamza Benaissa sur l'islam et l'Etat

Messagede mistmurt » Mer Mai 10, 2006 13:24

Concernant la notion de ''islam, religion d'Etat'',
Hamza Benaissa, abonde un ''peu'' dans le meme sens (que Boualem Sansal), dans ses ''Quelques Remarques sur l'Histoire de l'Afrique du Nord'', Eds. El-Maarifa, Alger, 2002:

''Il nous reste a dire un mot au sujet de la proposition de ''l'Islam
Religion de l'Etat'' inscrite dans toutes les constitutions des Etats
issus de la desintegration politique de DAR EL ISLAM. A vrai dire,
cet article constitutionnel, s'il peut, circonstantiellement,
legaliser ''une utilisation de l'Islam a des fins politiques''
par un regime illegitime et tyrannique, c'est que cet article
est la consequence directe de la colonisation et du protectorat,
c'est-a-dire, des deux types de domination qu'a eu a subir
la societe musulmane. En effet, le protectorat et la colonisation
ont introduit, au sein de la societe musulmane, respectivement
l'ANGLICANISME anglo-saxon et le GALLICANISME francais dont la raison
d'etre est, effectivement, de subordonner la Religion a l'Etat
politique. Il y a la, de toute evidence, par rapport a la societe
musulmane, un renversement des symboles sous la pression de
l'hegemonie occidentale, la ou avant la colonisation et le
protectorat, l'Etat se confondait avec son islamite''.

mais, en parlant de laicite, Boualem Sansal fait abstraction de ce questionnement essentiel:

en quoi y a t-il une difference entre un Etat qui se fait assermenter pour gouverner par la democratie et un Etat qui se fait assermenter pour se conformer aux enseignements de l'islam, qui est ''la democratie avant la lettre'', pour reprendre les termes de Matoub Lounes?

En effet, l'islam, par essence, est plus universel que les Nations-
Unies et les valeurs de la revolution francaise, reunis, et selon le
gradue de la Sorbonne, Dr. Hassan Tourabi, la democratie du 20e
siecle, n'est que la retombee des fruits semes par un millenaire de
gouvernance musulmane en mediterannee, sous l'impulsion des premieres
realisations en la matiere: la Constitution de Medine.
mistmurt
 

Le génocide de l'identité" algérienne par la France

Messagede A.F.P » Mer Mai 10, 2006 13:46

Traité d'amitié: nouvelle turbulence dans les relations Alger-Paris
ALGÉRIE - 18 avril 2006 - AFP

La dénonciation par le président algérien Abdelaziz Bouteflika du "génocide de l'identité" algérienne par la France durant la colonisation de l'Algérie hypothèque encore plus la signature prochaine d'un traité d'amitié entre la France et l'Algérie.

"La colonisation a réalisé un génocide de notre identité, de notre histoire, de notre langue, de nos traditions (...) Nous ne savons plus si nous sommes des Amazighs (berbères), des Arabes, des Européens ou des Français", a déclaré lundi le président Bouteflika, lors d'un voyage à Constantine (est).

Cette déclaration de M. Bouteflika estompe encore plus l'espoir d'une concrétisation prochaine du traité d'amitié franco-algérien que la visite à Alger du chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy les 9 et 10 avril, qualifiée d'"échec" par la presse algérienne, n'a pu relancer.

"Le président Bouteflika enfonce le clou", constatait mardi le quotidien Liberté, soulignant que la déclaration présidentielle intervenait peu avant l'anniversaire des massacres du 8 mai 1945 dans l'est algérien.

La répression par les forces françaises d'une manifestation dans le Constantinois avait fait en quelques semaines 45.000 morts, selon les historiens algériens, de 15.000 à 20.000 selon des estimations françaises.

M. Bouteflika avait déjà affirmé, en août 2005, que les Français "n'ont pas d'autres choix que de reconnaître qu'ils ont torturé, tué, exterminé de 1830 à 1962 (...) qu'ils ont voulu anéantir l'identité algérienne", faisant que "nous n'étions ni berbères, ni arabes, ni musulmans, nous n'avions ni culture, ni langue, ni histoire".

"Malgré la densité des relations humaines, culturelles, économiques et commerciales entre les deux pays, les ressentiments liés au passé commun ne laissent pas, pendant une période encore, prévoir un mieux dans l'appréciation qu'on a, les uns et les autres", estimait mardi le quotidien L'Expression.

Lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Douste-Blazy, le chef de la diplomatie algérienne, Mohamed Bedjaoui, avait clairement fait comprendre que la signature d'un traité d'amitié franco-algérien, annoncée depuis mars 2003, n'était pas à l'ordre du jour, en raison de différends persistants.

M. Bouteflika et le président français Jacques Chirac s'étaient alors engagés à "renforcer la coopération politique, économique, culturelle et scientifique" afin d'instaurer un "partenariat d'exception" entre les deux pays.

Lors d'une visite à Washington, les 12 et 13 avril, au lendemain du déplacement à Alger de M. Douste-Blazy, Mohamed Bedjaoui avait souligné que la France n'avait "pas le même poids" en Algérie que les Etats-Unis.

Il avait insisté sur l'intention d'Alger de développer ses relations avec les Etats-Unis, devenus le premier client de l'Algérie avec un volume d'échanges de 12 milliards de dollars.

Il avait également rappelé que la loi française du 23 février 2005 sur le "rôle positif de la colonisation" avait durablement terni les relations entre Alger et Paris, malgré l'abrogation, à l'iniative de M. Chirac, de l'article controversé de cette loi.

"La page n'est pas tournée puisque l'an dernier le parlement français a voté une loi dans laquelle on a voulu faire en sorte que le colonialisme soit vu à travers un rôle tout à fait positif et civilisateur. Cela nous montre que les opinions publiques ne sont pas encore prêtes pour tourner la page", avait-il dit.

La politique de Paris en matière de délivrance de visas, discutée lors de la visite de M. Douste-Blazy, constitue une autre pierre d'achoppement pour le traité d'amitié.

La presse algérienne accuse régulièrement Paris de délivrer avec grande parcimonie des visas pour les Algériens, contrairement à ce qui se fait pour le Maroc et la Tunisie.

Agence Francaise de Presse
A.F.P
 

Re: Qui sommes-nous? reponse a Abdelaziz Bouteflika

Messagede ithviriw » Jeu Mai 11, 2006 06:04

Boualem Sansal a écrit:Mes chers compatriotes
par Boualem Sansal
Le Nouvel Observateur du 16 au 22.03.2006
...
Le peuple algérien est arabe
....l'affirmation entêtée d'une arabité cristalline descendue du ciel, est d'un racisme effrayant. En niant en nous notre pluralité multimillénaire et en nous retirant notre élan naturel à nous mêler au monde et à l'absorber, elle nous voue tout simplement à la disparition. Pourquoi veut-on faire de nous les clones parfaits de nos chers et lointains cousins d'Arabie ? .....
....
Mais quand même, s'ingénier à se vouloir arabes par force et s'affirmer kabyles avec la même farouche intensité, c'est pile et face du même racisme. Nous sommes des Algériens, c'est tout, des êtres multicolores et polyglottes, et nos racines plongent partout dans le monde. Toute la Méditerranée coule dans nos veines.

Salam,

Ce que ne peut comprendre Boualem Sansal, c'est que si lui se réclame de la francophonie, la majorité des Algériens, se réclament eux par contre de l'arabophonie ou de la berbérohonie, mais nullement racialement, "arabes" , l'arabité étant culture et non ethnie au sens de Rassoulou Allah, aswaws, "Quiconque parle arabe, est arabe", il n'a pas dit, "quiconque parle arabe est de sang arabe !" tout une différence, et si notre Boualem, avait une meilleure culture des classiques algériens, il aurait avec Cheikh Ibn Badis, conjugué " wa ila el'ourouba yentassib et non yentassil" ( il a des liens avec l'arabité et non il descend des arabes), c'est cela l'inculture de Boualem Sansal, qui va chercher à se connaître en se regardant à travers le prisme déformateur de ceux dont il se veut être un clone parfait, à savoir son pays d'adoption et du coeur, la France laïque et intolérante de toute différence, dans son "exception française".
C'est ainsi que progressivement et histoire de nos racines aidant, car occultée durant la longue nuit coloniale, d'une part, et surtout l'illettrisme, qui en a été la conséquence voulue par ce même "colonialisme culturel", qui a empreint Sansal de sa marque indélébile, en ce sens qu'il connaît très bien l'histoire de l'Europe judéo-chrétienne, que la belle littérature arabe, ou l'histoire tout court des pays du Dar El Islam, dont le Maghreb est partie intégrante, sinon à travers les "traductions qui lui sont accessibles" à ses heures perdues, de l'histoire du Monde Islamique, écrite dans cette langue arabe, qu'il ignore du haut de sa "superbe"...


Boualem Sansal a écrit:Le peuple algérien est musulman
Clamée avec cette inébranlable intention, cette Constante est une plaie, elle nie radicalement, viscéralement, les non-croyants, les non concernés et ceux qui professent une foi autre que l'islam.

Si Boualem Sansal, avait un peu plus de culture, il n'aurait certes pas écrit une énormité pareille.
En Sciences physiques ou naturelles, on ne définit pas un objet, une plante, un produit, par ses composants minoritaires, mais calcul d'erreur aidant dans certains cas, ou classifications d'espèces dans d'autres, on attribue les familles et les noms en fonction des majorités, et non des composants minoritaires, athées ou autres que musulmans.
C'est peut-être une approche syntaxique de la démocratie.... que le soutien des fascismes durant la décennie rouge, je cite Sansal et un autre Yasmina qui accompagnait les ambassadeurs du régime fasciste des généraux d'Alger, sur les plateaux de télévision, pour "justifier les massacres, en les attribuant tout simplement aux victimes même des généraux".
sansal Boualem a écrit:En validant cette Constante, la Constitution, qui stipule que « l'islam est religion d'Etat », fait de l'Etat le garant d'un génocide annoncé et en partie réalisé. ....
Du mimétisme au fanatisme, il n'y a qu'un pas. .

Oui, en effet, le 12 Janvier 1992, les fascistes que soutient Boualem Sansal, ont "réalisé le génocide" qu'il justifiait avec Khalida Messaoudi, Saïd Sadi, Miloud Brahimi, Ali Haroun, Yasmina, et d'autres ténébreux clones du Dr. Goebbels, sur les plateaux des télévisions françaises.
Sansal Boualem a écrit:Il n'y a qu'un système qui peut nous sauver de ce processus funeste : la laïcité. Est-ce si sûr, la France laïque est-elle à l'abri de ses intégristes ? La laïcité est une condition nécessaire mais non suffisante. Il y a encore tant à faire pour que la liberté, l'égalité et la fraternité soient le pain de chaque jour pour tous. En attendant, chez nous, entre nous, empressons-nous de mettre un peu de laïcité dans notre thé, ce sera ça de gagné.
.
Boualem Sansal, exprime une opinion peut-être valable, dans un Occident judéo-chrétien, soumis, surtout pour les Catholiques à un Vatican jamoux de ses prérogatives, mais cette opinion n'a aucune légitimité appliquée à l'Islam, surtout actuellement que le Califat, a été aboli.
Mais, Sansal, inculte en matière d'Islam, ne peut évidemment comprendre ces nuances, car cultivé monolingue, et pénétré de " l'exclusivité et de la spécificité française"...

Sansal Boualem"Et si le gouvernement voulait bien nous écouter un jour, nous lui suggérerions de supprimer l'enseignement religieux de l'école publique, de fermer les mosquées qui ont proliféré dans les sous-sols des ministères, des administrations, des entreprises, des casernes, de revenir au week-end universel, de réduire la puissance des haut-parleurs des minarets, de fondre l'impôt religieux dans la fiscalité ordinaire, d'intégrer la construction des mosquées dans le plan directeur des villes, etc. L'étape suivante réclame un ingrédient essentiel que le gouvernement ne peut, hélas, pas nous donner : la démocratie.[/quote]
Les idées de Sansal, pourraient être recevables, si la majorité du Peuple ne les avaient pas expérimentées et par la suite, reniées et abolies, démocratiquement, s'il vous plaît !

[quote]L'arabe est notre langue
Rien n'est moins évident. L'arabe classique est langue officielle, c'est vrai, mais pas maternelle, pour personne.
......
Dans le discours officiel, il y a des affirmations politiques. La première est que nous ignorons l'arabe parce que le colonialisme nous en a frustrés. Y croyez-vous ? Moi pas, ou alors qu'on m'explique pourquoi ce foutu colonialisme n'a pas agi de même pour nos autres langues.


Ce foutu colonialisme a justement ignoré les masses rurales, 92% en 1954, qu'il a gardées dans une misère intellectuelle, qui semble avoir épargné le "clan Sansal"... Eh oui, tout comme le cardinal Lavigerie protestait lorsqu'il avait constaté que le Coran était enseigné encore en Kabylie, en prophétisant "tant que le Coran, sera enseigné dans ce pays, gardez vos malles prêtes, nous quitterons ce pays"...
L'assimilation n'a donc pas eu lieu, le colonialisme, s'est simplement contenté de garder nos ancêtres analphabètes, loin de la langue de culture qu'était la langue arabe classique honnie par Sansal et son "Hizb"..., et évidemment, n'ayant pas pénétré dans les régions berbérophones, il n'a pu altérer notre langage.
La première fois que j'ai vu un français (arroumi), c'était à l'âge de 10 ans, quand j'ai quitté mon Djurdjura natal, alors que pourtant j'allais à l'école française du village, où enseignait un Kabyle "metrouzi" de chez nous, mais qui a reçu "la bénédiction en épousant une femme de Ouaghzene, à côté d'Ath Menguellet, qui subissait le colonialisme missionniare des "pères blancs" en contrepartie de l'accès aux soins, et aux écoles normales...
[quote="Boualem Sansal"]Si le gouvernement voulait bien nous écouter, nous lui suggérerions de constitutionnaliser l'arabe dialectal et le français. On n'est jamais fou quand on édicte des lois qui correspondent à la réalité et jamais on n'a assez de langues pour se faire comprendre.[/quote]
La proposition de Sansal, pour l'enseignement du Créole pourrait peut-être envisagée par les "laïques français", ou peut-être que le Cajon, pourrait devenir la langue de la Louisiane.
J'invite Sansal à nous en reparler lorsque le Corse, sera la langue constitutionalisée du Peuple français... Après tout le clone Sansal devrait aussi voir comment constitutionaliser le Breton, langue d'Oïl, la langue d'Oc... et je suis sûr que sa proposition aurait un impact tel, que je serai le premier à seconder sa proposition, mais dans mon cas, pour la constitutionnalisation du Kabyle, évidemment, pour qu'enfin je puisse comprendre la télévision et que l'on cesse de me parler dans ce langage incompréhensible aux kabyles, que l'on appelle "thamazighth kabyle" né dans les "laboratoires de l'Inalco et de l'académie berbère"...
[quote="boualem Sansal a écrit:Ainsi décortiquées, lesdites Constantes nationales ne sont en fin de compte que méchantes trouvailles, nuisibles pour la République, dangereuses pour le peuple. Elles sont la mort de la vérité, de la spiritualité, de la saine piété, du patriotisme. Elles ont servi et servent seulement à cela : hiérarchiser et aligner, marginaliser et exclure, légitimer et consacrer, adouber et enrichir. Nos constantes à nous sont simples : liberté d'être et bonheur de douter.

Chacun voit midi devant sa porte.
En termes généraux, je souscris aux phrases fourre tout, qui n'ont aucun sens et autres Lapalissades qui étoffent le discours sectaire de Sansal.
Mais une fois, la démagogie et l'idéologie de Sansal, démystifiées, on se retrouve heureusement au point de départ.
Sansal travaille pour sa chapelle, qui n'est pas nécessairement algérienne, même si les slogans racoleurs qu'il utilise semblent ratisser large.
ithviriw
 


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