ATH ALI OUTHMIM (wilaya de Bouira)

Histoire de la Kabylie (ex. Wilaya III)

Modérateur: amusniw

ATH ALI OUTHMIM (wilaya de Bouira)

Messagede mbibany » Lun Fév 06, 2006 13:38

Ath Ali Outhmim

Un village abandonné

On raconte à propos de ce village relevant de la commune de Saharidj que ses ancêtres ont fait objet d’une malédiction lançée à leur encontre par une vieille veuve à laquelle ils ont oublié de faire parvenir sa part de viande lors d’une immolation (Thimachrete).

On est sensé croire que cette malédiction s’est réalisée bien des générations après. Jugez-en : ce village, dont chaque lopin de terrain est baptisé et porte un nom tel que Thaslent Bouhlima, El Karn Oumalou, Amayegg Boughioul, c’est dire le profond attachement de ces villageois à leur terre à l’instar de tous les autres villages d’Imechadallen, a dû subir le comportement bestial du corps des “Zouaves”, lequel a décimé sa jeunesse ; il est aussi touché par l’opération de “destructions des villages” décidée par le colonialisme, en1958, aux fins de regrouper les populations rurales dans des centres de concentration entourés de doubles clôtures de fil barbelé avec une seule porte contrôlée le jour et fermée la nuit et que surplombe une guérite de surveillance h 24, cela dans le but d’isoler les moudjahidine. A l’inverse de tous les villages “évacués” et dont les habitants étaient regroupés à l’intérieur de ces horribles camps de regroupement, les Ath-Ali Outhmim ont été éparpillés en divers endroits de la circonscription de l’ex-“Maillot”, M’chedallah actuellement. On les retrouve à Saharidj, Ighrem, Ath Yekhlef, Assi Assemadh, séparés.

“Miveouane Ghef Louh”. Avec le changement de régime et l’avénement du multipatrisme, les Ath Ali Ouathmim ont réussi à créer une association de village qu’ils essayent de faire fonctionner tant bien que mal, mais l’éloignement des uns et des autres est un handicap majeur auquel sont confrontés les membres de cette association, le tout aggravé par l’apparition de différentes sensibilités et pôles politiques.

Cela va de soit sachant que parmi la nouvelle génération la plupart d’entre eux ne se connaissent même pas, pour le simple fait qu’ils sont nés et ont vécu dans des endroits différents. Si certains villageois ont conservé leurs terres et s’y rendent quand le climat sécuritaire le permet, d’autres les ont abandonnés ou carrément vendues, alors que ce sont des terrains réputés pour leurs figuiers et oliviers de qualité.

Des terrains très fertiles, particulièrement en vignobles et en chênes plusieurs fois centenaires. Construit en “nid d’aigle”, les vestiges et les ruines de ce village existent encore et témoignent du passage d’un colonialisme qui a opté pour la politique de la “Terre brûlée”.
Que ceux qui soutiennent l’idée de la bienfaisance et qui veulent positiver la présence du colonialisme en Algérie viennent y faire un tour. Les rochers calcinés par le napalm, les arbres déchiquetés par les obus 105 témoignent de cette bienfaisance.

Omar Soualah
Source: La Depeche de Kabylie du 06/02/2006
mbibany
 
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