BOUIRA (l'histoire)

Histoire de la Kabylie (ex. Wilaya III)

Modérateur: amusniw

BOUIRA (l'histoire)

Messagede mbibany » Jeu Mar 23, 2006 08:33

Bouira
Par M. A. Haddadou


**1** Bouira, ville de Kabylie, est située à 116 km d’Alger, au pied du versant sud du Djurdjura, à 525 mètres d’altitude.
Le nom ancien de la ville est Hamza ou Souk Hamza, qui serait, d’après la tradition, le nom de son fondateur, Hamza ben al-Hasan ben Sulayman ben Ali ben Abî Talib, enterré à la lisière des Hauts-Plateaux.
Il est possible que le cheikh, qu’on dit venir d’Orient et descendre du cousin et gendre du Prophète, Ali ben Abi Taleb, ait occupé l’emplacement d’un ancien village kabyle.
Bien qu’on ait retrouvé des vestiges d’occupation romaine, aucune ville antique n’a été signalée dans la région. Tout laisse à croire que Bouira a été construite durant la période musulmane.

La première attestation remonte au début du XIe siècle, à la construction de la Qal’â des Bani Hammad, par Hammad ben Bologhine.
Les sources indiquent, en effet, que pour peupler la nouvelle ville, Hammad a fait venir des gens de M’sila, toute proche, mais aussi de Hamza. Cela suppose que cette ville était antérieure à la Qal’â et qu’elle était très peuplée puisqu’on pouvait la délester d’une partie de sa population.
Mais les historiens évoquent très peu Hamza, qui a dû tomber sous la domination des différents royaumes qui se sont succédé dans la région. Il faut signaler cependant que la ville était connue, dans toute la Kabylie, pour son marché autour duquel ont été construits des fondouks ou hôtels pour recevoir les étrangers de passage.


**2** Les Turcs, qui se sont installés dans la région, au village de Sameur, vont se déplacer vers Bouira, qui a l’avantage de se trouver sur la route Alger-Constantine, donc de faire la liaison entre les deux beyliks.

Un fort sera construit, à la fin du XVIIIe siècle, par le bey de Constantine Mohammed-Bey : c’est le fameux Bordj Hamza, un poste avancé, pour servir de relais entre Alger et Constantine mais aussi, avec l’aide des tribus alliées (tribus mekhzen) pour collecter l’impôt et surveiller les montagnards.
De forme carrée, il est édifié sur un plateau, entouré de ravins et flanqué d’une muraille haute de dix mètres. Une dizaine de canons, pointés dans différentes directions, le défendaient. A l’intérieur, le bordj était une véritable petite ville, capable de soutenir un long siège. Il possédait une poudrière, des magasins pour stocker des denrées alimentaires et une grande citerne, la rivière, en cas de siège, étant inaccessible. Les dépendances comportaient une forge, un moulin et des écuries.

Il y avait aussi des résidences pour les fonctionnaires et les soldats turcs. Le bordj était sous l’autorité d’un caïd qui régnait en maître sur les lieux. Après le départ des Turcs, harcelés par les montagnards, le bordj a été livré au pillage, puis abandonné.


**3**Dans leur conquête de la Kabylie, les Français vont tenter de s’emparer du bordj pour en faire un point d’ancrage pour leurs troupes ; l’expédition, entreprise par le maréchal Vallée, est empêchée par une terrible tempête qui cause la mort de plusieurs soldats. Après la conquête de la région, les autorités coloniales entreprennent sa restauration et en font le siège du caïd de Bouira. Aujourd’hui, il est de nouveau à l’abandon.

On fait dériver habituellement le nom de Bouira et son équivalent kabyle, Tubirets de l’arabe bîr (puits), diminutif bwira (petit puits), par référence, dit-on, aux nombreux puits et puisards qui existaient dans la région. Il se peut aussi qu’il provienne d’un autre mot, également d’origine arabe, lbur (terre en jachère), du verbe bur (être en friche, en parlant de la terre, être non irrigable), d’où en kabyle lbur (terrain en friche).

On peut songer aussi à une étymologie par le berbère. On pense à aburi, taburit (terrain, culture qui n’a pas besoin d’eau, terrain, culture sauvage), attesté en tamazight du Maroc central. C’est de ce mot que pourrait venir le nom de Bouira, autrefois connu par la végétation qui l’entourait. Une autre étymologie par le berbère proposée parfois par les habitants de la région, bu-iran (celle des lions), iran étant le pluriel de ayred, ancienne dénomination du lion en kabyle, mais paraît peu probable.


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Bouira
L’antique Hamza


Histoire :

La région de Bouira, anciennement appelée Hamza, a été, de tout temps, considérée comme un centre de rayonnement culturel et civilisationnel.

C'est ce que disent les professeurs Mohamed Cherif Hocine et Aïssa Ben Kobi, de l'université Mohamed-Boudiaf de M'sila, au cours d'une conférence sur l'histoire de la région de Bouira.
Les conférenciers ont souligné que cette région a vécu des événements importants, parallèlement aux exploits de ses populations, qui ont fait l'objet d'études de spécialistes en histoire ancienne et contemporaine, à l'exemple d'El-Bikri, d'Ibn Khaldoun, d'El-Ghobrini et d'El-Idrissi.

Des chercheurs étrangers se sont également, intéressés de près au passé lointain de cette région, à l'exemple de Stéphane Gsell, du général Dumas et d'autres encore, qui s'accordent à souligner que la contrée de Hamza fut un centre de rayonnement intellectuel, à l'origine de l'émergence de nombreux savants et exégètes.

Selon des intervenants, cette région compte 26 érudits, dont la renommée a dépassé les frontières du Maghreb jusqu'à l'Andalousie, à l'image du savant explorateur Ibn Karkoul.

Pour rappel, la conférence a été animée à l'occasion de la tenue de la 3e édition du séminaire national organisé à l'initiative de l'Institut des langues et de littérature arabe du centre universitaire de Bouira.
Cette rencontre, à laquelle ont pris part de nombreux enseignants, universitaires et chercheurs de différentes régions du pays, avait pour thème littéraire «le texte et la méthode». Au programme du séminaire, cinq sujets principaux ont été traités, ayant trait au discours narratif, à la méthodologie, aux approches structurelles, sémantiques et véhiculaires, ainsi qu'à l'approche sociale et analytique.

«Le discours narratif occupe une place prépondérante dans l'expression littéraire moderne», est-il indiqué dans une brochure distribuée aux participants, à l'ouverture de cette première journée.
Selon le même document, «les approches critiques tendent à la consécration des textes narratifs en tant que recueils essentiels, au travers desquels elles ouvrent à la mise en application des notions critiques et leurs outils de procédures, selon différentes conceptions répondant à des variantes référentielles».


source: INFOSOIR
mbibany
 
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