Taqcit n Si Amirouche chantée par les populations des Biban

Histoire de la Kabylie (ex. Wilaya III)

Modérateur: amusniw

Taqcit n Si Amirouche chantée par les populations des Biban

Messagede mbibany » Ven Mar 31, 2006 10:08

Mort du colonel Amirouche et fin de la révolte de 1871.



Je fis une relation entre la mort d’Amirouche à Boussaada et la fin de la révolte de 1871 . Quelques trois décennies avant le siècle dernier , Mokrani et ses deux frères et cheikh Ahedad avaient mené le soulèvement contre les armées de l’Empire. Les combats s’étaient poursuivis jusque dans le Sahara par Boumezrag. Ce dernièer fut précisément capturé par les soldats français à Touggourt, le 20 janvier 1872.



Nous sommes tentés de faire le rapprochement entre ces deux grands événements dans l’Histoire de l’Algérie et à quelques centaines de kilomètres seulement : la présence du résistant Boumezrag à Touggourt, alors qu’il était plus en sécurité dans les montagnes de Kabylie et celle d’Amirouche dans la rocaille du djebel Thameur, à Boussaada ? Leur particularité, c’est que tous deux, n’avaient pas cantonné leur combat en Kabylie.



La mort d’Amirouche fut terrible. Voici un extrait de cette annonce, telle que chantée par les populations des Bibans :



Taqcit n Si Amirouche




Ay atmaten lah elhedd, d rebbi aka i g jerred

D elmudah u y fechlara

Ne tef seg rebi whed, s ennig is ulahed

Tura naab’d chakhssiya

Ma dh Amirouche yestechhed, yemut dha mjahed

Aafumtas a lawliya



Ismiss def dunya y khelfed, macchi ath itsu had

Akhatar lssas is yesfa

D elkhatvat is yeqqar ed, y risala y recheded

Y at wassi ghaf lkhawa

Dhi laam n 55 yekh dmad, y laq a njahed

Aw lahed a mkan yedja



Da abrid n Tunis ay eqsed, seg gwul ur yezri hed

Armi yubed Bussaada

Zigh y ratissage y hassled, lesleh u lahed

Ennan ay id d el baayaa

Ya rassul a muhamed, d eFransa tqers ed

Mi faqen dhin I guela



Lizaviu hedlalfend, lantiri tkhebded

Tchaal tmes I lqaa

A rebbi walik elhemd, zaaima s tabaned

D lhay ur thatifnara

Mkul akhabith yesawled, Achour y louhqed

Ennan as awk dh wina



L’affaire de Si Amirouche



Au nom de Dieu, mes frères, ainsi le Seigneur en a décidé

Combattant n’abandonne pas

Nous nous remettons à Dieu, personne n’est au dessus de Lui

Maintenant nous honorons un haut personnage

Le grand Amirouche tombé au champ d’honneur, est mort les armes à la main

Pardonnez lui, Saints cléments



Son nom est connu partout, jamais personne ne l’oubliera

Car les fondements de son but sont sacrés

Dans ses discours, il dit, dans ses directives il écrit

Des recommandations pour la solidarité fraternelle

En l’an 1955, il a convaincu, il nous faut le rappeler

Il n’est nul endroit qu’il n’ait visité dans le pays



Il a pris le chemin de Tunis, dans le plus grand secret

Jusqu’à parvenir à Boussaada

Il est tombé dans un traquenard, sans aucun secours possible

On nous a dit que c’était une dénonciation

Par le prophète, les Français ont attaqué

Lorsqu’ils ont su qu’il était là



Les avions ont aussitôt intervenu, l’artillerie a fait rage

Le feu a embrasé les lieux

Dieu merci sa bravoure a été démontrée

Ils ne l’ont pas pris vivant

Tous les traîtres on parlé, Achour est arrivé

Ensemble ils ont tous dit que c’était bien lui

---------------------------------------------------------------------------------
Djoudi Atoumi, Le colonel Amirouche entre Légende et Histoire. La longue marche du lion de la Soummam. Témoignage authentique d’un ancien officier de l’ALN en kabylie 1956-1962.
mbibany
 
Messages: 695
Inscription: Jeu Mai 26, 2005 08:37

Retourner vers Histoire

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron