LAKHDARIA -ex(Palestro)

Histoire de la Kabylie (ex. Wilaya III)

Modérateur: amusniw

LAKHDARIA -ex(Palestro)

Messagede mbibany » Jeu Avr 27, 2006 10:08

Lakhdaria

Par M. A. Haddadou

Cette ville est située à 88 km à l’est d’Alger et à 44 km de Bouira, sur une boucle de l’oued Isser.
Pour l’atteindre, on peut suivre la route de Tizi Ouzou et, au niveau de Thenia, tourner à droite en prenant la direction du sud, pour remonter la vallée de l’oued Isser ; on rencontre d’abord la ville de Beni Amrane. La route, et la voie ferrée entrent dans les gorges de Beni Amrane, appelées aussi gorges de Lakhdaria, gorges entaillées par l’oued sur une longueur de 4 km.

On peut se rendre aussi à Lakhdaria en passant par une route qui, allant de Rouiba, passe par Khemis el-Khechna, Larbatache, la montagne du Bouzegza et les gorges de Keddara.


De là, la route descend jusqu’à Lakhdaria. La ville a succédé au village colonial de Palestro, fondé dans les années 1860 et appelé du nom d’une victoire militaire française.
Les insurgés, dirigés par le cheikh Al-Mokrani, l’ont pris en 1871 et l’ont brûlé ; il a été reconstruit par la suite.
Lakhdaria, peuplé de populations d’origine kabyle, aujourd’hui en partie arabisée, est célèbre pour ses poteries au décor berbère angulaire, ocre sur fond blanc.
Le nom actuel de la ville vient de Lakhdar, surnom de Mokrani Rabah, dit commandant Si Lakhdar, martyr de la Guerre de Libération, originaire de la région.

source Infosoir.com
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La Bataille de Palestro:

Le 30 Mai 1859, l'armée Italienne commandée par le Roi Victor Emmanuel provenant de Verceil, franchit avec la plus grande partie de son armée la rivière Sésia. Il prend position dans les villages de Palestro, Vinzaglio, et Confienza après en avoir délogé les avant postes autrichiens et les avoir obligés à se replier dans la direction de Robbio.
L'armée autrichienne commandée par le général Zoebel, est bien décidée à reprendre les avant postes perdus la veille. Le général Zoebel organise son armée en trois colonnes: celle du centre marchera directement sur Palestro en empruntant la route de Robbio, flanc gardée par la colonne de droite qui attaquera en passant par Confienza, et par celle de Gauche qui longera la rivière Sézia. Les colonnes du centre et de droite sont reçues par un feu italien nourri et refluent, la colonne de gauche plus chanceuse peut mettre à profit l'abri donné par les fourrés bordant la rivière et s'avancer jusqu'à la ferme de Cascina San Petro où elle se retranche et fortifie la ferme. Puis elle s'élance sur Palestro, le village était presque tombé quand le 3°Régiment de Zouaves, qui avait établi son bivouac sur les bords de la Rivière masqué par le terrain débouche dans le flanc des autrichiens. C'est dans un formidable élan que le régiment charge, rien ne les arrête, ni les accidents du terrain, ni le large canal qu'ils franchissent avec de l'eau jusqu'à la ceinture, se reforme sur la rive opposée et continue sa charge emportant une batterie autrichienne de 5 canons. Cette attaque foudroyante sème le désordre dans les rangs autrichiens et les mène à la déroute, en passant par Rivoltella et Robbio.
Pour l'anecdote, à l'issue de cette Bataille dite de Palestro, le Roi Victor Emmanuel est nommé "Caporal des Zouaves" et tient à louer publiquement ceux grâce à qui la victoire fut entre ses mains, par leur "bravoure et leur irrésistible élan".
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Archive:

Créant un village de 59 feux sous le nom de PALESTRO

NAPOLEON par la grâce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français
A tous, présents et à venir, Salut.
- Vu mes Décrets du 26 avril 1851, 25 juillet 1860, 31 décembre 1864, 21 juillet 1866 et 6 janvier 1869 relatifs à l'aliénation des terres domaniales en Algérie,
- Vu l'avis du Conseil de Gouvernement de l'Algérie en date du 9 juin 1869,
- Sur le rapport de notre Ministre, Secrétaire d'État au Département de la Guerre, d'après les propositions du Gouverneur d'Algérie,
Avons décrété et décrétons ce qui suit :
Article1 Il est créé dans la province d'Alger sur le territoire de Ben Hini traversé par la route Impériale n°5 d'Alger à Constantine, à 79 kilomètres d'Alger et à 25 kilomètres du Col des Beni Aïcha, un village de 59 feux qui prendra le nom de PALESTRO.
Un territoire de 546ha 31a 10ca est affecté à ce centre de population conformément aux plans annexés au présent décret.
Article2 Les terrains non réservés du village seront aliénés dans les conditions suivantes :
- Le prix de chaque lot ainsi que la liste des acquéreurs seront arrêtés définitivement par le Gouverneur Général de l'Algérie.
- Les acquéreurs pourront se libérer en cinq années. Le premier cinquième du prix sera exigible au moment de la signature du contrat de vente. Les quatre autres termes seront payables d'année en année.
- La partie du prix non payée comptant sera productrice d'un intérêt de 5% conformément au décret du 21 juillet 1866 susvisé.
- Les actes de vente ne contiendront d'autre clause de résolution que celle prévue à l'article 7 du Décret du 31 décembre 1864 en cas de retard dans le paiement du prix.
Article3 Notre Ministre, Secrétaire d'État au Département de la Guerre, et le Gouverneur Général de l'Algérie sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent Décret.
Fait à Compiègne le 18 novembre 1869 Signé NAPOLEON
Par l'Empereur,
Le Ministre, Secrétaire d'État au Département de la Guerre.
Signé Le Boeuf.
Pour ampliation, Le Secrétaire Général du Gouvernement.
Signé Testu.
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ETUDE HISTORIQUE SUR LA VILLE D'AUMALE
- Période Française -
rédigé en 1912 par Mr J. Parrés


Voir l'ensemble du texte

A propos du massacre de Palestro au cours de l'insurrection de 1871

.."- Le dimanche 16 avril eurent lieu sur le marché des Sen-Hadja (environs de Palestro) et le mercredi 19 sur le marché de l'Arba des Beni-Khalfun (également près de Palestro) une réunion des chefs et meneurs favorables à l'insurrection : c'est dans cette dernière réunion que fut décidée l'attaque du village de Palestro, qui eut lieu le 20 avril et qui dura quarante huit heures, après lesquelles l'aspect de la ville était lamentable ; toutes les maisons en partie détruites, les objets, meubles, etc., jetés pêle-mêle à terre. Détail navrant 46 victimes gisaient sans vie, tandis que d'autres disparurent sans que l'on n'ait jamais retrouvé leurs traces.
----- Le colonel Fourchault, qui dégagea Palestro, fit creuser sur la place et près de l'église, une immense fosse où furent inhumées ces malheureuses victimes. Un imposant monument commémoratif a été élevé depuis à cet endroit.
----- Le partage du butin fait à Palestro eut lieu le 22. Les tribus insurgées d'Aumale ainsi que celles de Palestro se portèrent vers Dra El Mizan, détruisant tout sur leur chemin : fermes, maisons cantonnières, lignes télégraphiques, etc...
----- La colonne se dirigea alors vers l'Alma (Boudouaou, en arabe), où elle livra un important combat à la suite duquel une vingtaine de prisonniers furent passés par les armes.
----- Bou-Mezrag à la tête d'un contingent fort de 2.000 hommes se dirigeait sur El-Esnam et faisait investir le Bordj de Béni Mançour.
----- Le général Cérez, avec un fort convoi se porta à sa rencontre. Le choc eut lieu le 20 à midi et demi dans les environs du bivouac, au col des Ouled Daoud, forêt du Kséna. Le feu très meurtrier dura jusqu'à deux heures et se termina par une brillante charge dirigée par le colonel Goursaud ; le goum sous le commandement du capitaine Cartairade, se montra très énergique. A la fin de l'affaire, le nombre des morts de l'ennemi se chiffrait par plus de 300 et 400 fusils, pistolets et sabres, furent ramassés sur le terrain.
----- De notre côté, nous comptions 2 tués, 13 blessés, le goum comptait un tué, un blessé,. 3 chevaux blessés et 1 tué "....

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BIOGRAPHIE DU COMMANDANT SI LAKHDAR (Said Mokrani)

Le commandant Si Lakhdar de son vrai nom Mokrani Saïd est né à Palestro, plus précisément dans un village situé à l’Ouest de la commune Gueigour, le 6 novembre 1934. Issu d’une famille pauvre, paysanne, il grandit dans cette région où il fit ses études dans la seule école de la contrée, à Palestro (actuellement Lakhdaria), où il devait parcourir journellement une dizaine de kilomètres.
Il apprit par là même, le dur métier de maçon au centre professionnel, seul métier accessible aux indigènes du village. Très jeune et dès le déclenchement de la lutte armée, il fut contacté par le Front de libération nationale pour être chargé et ce, début 1955, de l’organisation des maquis dans la région de Palestro et d’Aïn Bessem. Très tôt, il devint le premier responsable politico-militaire de la région. Rejoint peu de temps après, à la fin du printemps 1955 par Ali Khodja qui venait de déserter l’armée française, Si Lakhdar en fit un ami inséparable, un compagnon de lutte et un frère. Tous deux, ils réussirent à mettre sur pied de puissantes commandes dont la valeur, la discipline et le courage avaient soulevé l’admiration de l’ennemi lui-même et semé la panique au sein de ses troupes. Suite aux coups répétés des moudjahidine, sous la direction éclairée des frères Si Lakhdar et Si Ali Khodja toute la région-Est d’Alger fût embrasée, et ce malgré les nombreux renforts des troupes coloniales dépêchées sur les lieux. Partout dans les djebels, comme dans les plaines, Si Lakhdar faisait la démonstration de son génie de la guérilla et son courage était devenu légendaire. Son aptitude à s’adapter et à adopter les différentes techniques de son combat ainsi que son ascendant auprès de ses djounouds et des populations qui les accueillaient à bras ouverts et avec fierté. Ses qualités de meneur d’hommes, d’organisateur, donnant toujours et en toutes occasions et circonstances le meilleur exemple, lui valurent d’être désigné en octobre 1956 peu après la tombée au champ d’honneur de Ali Khodja, à Fort-de-l’eau, comme capitaine, chef de la zone I de la wilaya IV, comme il fut appelé début 57 au conseil de la wilaya en tant que commandant militaire adjoint au colonel Si M’hamed.

Désormais, en sa qualité de chef militaire de la wilaya et sous la clairvoyance du colonel Si M’hamed, le commandant Si Lakhdar s’employa avec ardeur et sans jamais se lasser, à un vaste travail de formation, d’organisation et d’action dont l’objectif était la structuration et l’adaptation des structures de l’ALN, aux fonctions de l’évolution de la lutte armée et l’intensification des actions militaires contre l’occupant.

Ainsi, au cours de cette période, chaque secteur était doté d’une section, chaque région, d’une katiba et les zones du commando pouvant se regrouper en bataillon, fort de 400 à 500 djounouds, formés et équipes d’armes modernes, pour la plupart récupérées sur l’ennemi, sur les champs de combat. Mais pour Si Lakhdar, la formation politico-militaire du moudjahid, sa maturité et sa foi sont des facteurs déterminants. “Mettez”, disait-il, “mitrailleuse entre les mains d’un djoundi qui n’a pas la foi, il perdrait son arme sûrement... Donnez un fusil de chasse à un djoundi qui sait s’en servir et qui croit en la justesse de son combat, il vous fera des miracles”. Ainsi, à l’initiative de Si Lakhdar, un guide militaire : de “De la guerre à la guérilla” a été rédigé et largement diffusé à travers les unités de la wilaya et où les djounoud retrouvaient, décrits en détail, la stratégie de la lutte armée, les principes et techniques de la guérilla et les consignes à suivre. Et partout, dans la wilaya IV, de l’Ouarsenis à Palestro et de la Mitidja à Ksar El Boukhari, l’ALN sous le commandement de Si Lakhdar remportait des victoires retentissantes aux portes mêmes de la capitale, Alger. Réagissant aux coups sévères portés à son armée, celle-ci concentra d’importantes troupes, quadrilla les régions et utilisa une répression aveugle contre les populations civiles sans défense ainsi que des bombardements massifs, les ratissages et les incendies de forêts utilisant le napalm, interdit par la Convention de Genève. Dans la nuit du 4 au 5 mars 1958, alors qu’il se trouvait avec le commando Ali Khodja et deux sections de la katibet Zouheiria, au dejbel Belgroune, deux guetteurs l’avertirent de l’arrivée imminente de colonnes de véhicules militaires ennemis qui convergeaient vers eux, à partir de Tablat, Bousken, Sour El Ghozlane (Aumale) et Bir Ghbalou et avant même le lever du jour, l’encerclement était complet. Des milliers de soldats français escaladaient le djebel. L’accrochage était inévitable. Le premier choc a été terrible pour les soldats des premières lignes, plusieurs dizaines de morts furent relevées. Pour éviter de plus grandes pertes, face à ces moudjahidine désirant vendre chèrement leur vie, l’armée française fit intervenir son aviation et ses chars. Alors que le soleil était haut dans le ciel, le commandant Si Lakhdar fut touché par une balle de mitrailleuse tirée d’un avion. Le commando Ali Khodja et la katiba Zouheïra tentèrent une percée et réussirent à briser l’encerclement après un repli de quelques kilomètres vers Ouled Zenine avec le commandant, blessé, transporté par deux djounoud ; Si Lakhdar succomba à ses blessures et fut enterré sur les lieux même du combat. Au douar Zenine, une stèle en marbre fut érigée, en hommage aux sacrifices de tous ceux qui, comme le commandant Si Lakhdar, sont tombés au champ d’honneur pour que vive l’Algérie libre et indépendante. Aujourd’hui, Lakhdaria (ex-Palestro), chef-lieu de commune et de daïra, dans la wilaya de Bouira porte son nom.
Pour mémoire, nous citerons un témoignage d’un compagnon d’armes, Boualem Hamirène, plus connu sous le nom de “Boualem la France”, résidant à Aïn Benian qui, dans son témoignage, parlant des responsables de l’ALN de la wilaya IV : venant de la zone II et allant vers la zone IV, affirmait “que ces officiers étaient simples et modestes, leur seul souci était l’état tant sanitaire que psychologique de leur troupe. Ils passaient des soirées entières avec les djounoud”. C’est au cours d’une de ces nombreuses soirées qu’une phrase notée par le commandant Si Lakhdar, sur une page d’un de ses albums, et qui résumait ainsi : “Dieu Tout-Puissant, je ne sais quel est le chemin que d’autres pourront suivre, mais en ce qui me concerne, donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort”.

Quelques faits d’armes qui ont défrayé la chronique en 1956 :
* Le 9 juillet au moment de l’opération 459, Si Lakhdar surprend l’ennemi à Guerrouama (à l’est de Tablat) sur un convoi de ravitaillement.
* Le 8 août, une patrouille du 117e RI perd 13 hommes au col du Bekkar, au sud de la commune de Tablat (entre Tablat et Tourtatsine) et une autre embuscade qui fait 5 morts au sud de Larbaâ.
* Le 12, en bordure de Béni Slimane, Si Lakhdar accroche sérieusement un détachement du RI. Bilan : 22 tués.
* Le 21, Si Lakhdar de nouveau, surprend une section du 1e RI au moment où elle venait d’être déposée par hélicoptère dans la région tourmentée de Zberbar. Bilan : 17 morts.
* Le 27 octobre, à 5 km de Tablat, une embuscade meurtrière contre un convoi du 1er RI à Béni Khalfoun à l’Est de Palestro, dans la commune de Thieis (Kadiria).

source:

Ath Mouhoub
La Dépêche de Kabylie
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