Ahmed Ben Idriss sera évoqué à Béjaia

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Ahmed Ben Idriss sera évoqué à Béjaia

Messagede mbibany » Mer Oct 18, 2006 11:39

Célébration mondiale du 600e anniversaire de la mort d’Ibn Khaldoun

Ahmed Ben Idris sera évoqué à Béjaia

Un colloque international, qui aura pour thème "Le jurisconsult Ahmed Ben Idris (M.720h./1358)", sera organisé du 7 au 9 novembre de l’année en cours à Béjaia. Cette rencontre, nous renseigne l’un des organisateurs et conférenciers, Djamil Aissani, entre dans le cadre de la célébration du 600e anniversaire de la mort d’Ibn Khaldoun.

Une vingtaine de spécialistes internationaux sont invités à présenter des exposés concernant l’étude de l’école Ben Idris en langue arabe, française et kabyle. Ces conférences seront structurées sous la coordination de Cheikh Bouamrane, Haut Conseil Islamique, Djamil Aïssani de Gehimab, Dahbia Abrous et Salah Medjani Deaia de Bejaïa, Mohand Akli Hadibi de Tizi Ouzou, Judith Scheele d’Oxford, Amara Allaoua de Constantine, Chibane, Hafida Belmihoub et Saïd Amar Talbi d’Alger, Xavier Ballestin de Barcelone, Slimane Hachi CNRPAH, Kamel Chachoua d’Aix-en-Provence, Tahar Ait Aljet Tamokra, Salah Baïzig de Tunis, Tilman Hannemann de Brême et plusieurs autres.

La ville de Béjaïa a été choisie, nous annonce, Aïssani, vu le rôle essentiel qu’elle joue, celui de la renaissance des études du fiqh au Maghreb à la fin du XIIIIe siècle. Parmi les initiateurs de cette renaissance, qui devrait avoir une grande portée, figure le plus grand des cheikhs, Nasir ad-Din az-Zwawi (1235 – 1335).
Encore enfant, il avait accompagné son père en Egypte et avait connu les élèves du Malikite égyptien Ibn El-Hadjib (1175 – 1248). Selon Ibn Khaldoun, Nasir ad-Din était le premier à avoir rapporté au Maghreb le Mukhtassr, prestigieux traité de jurisprudence d’Ibn al-Hadjib.

En cette première moitié du XIVe siècle, le fiqh est alors la discipline la plus exploitée et le traité d’Ibn al-Hadjib y joue un rôle central. Aissani nous dira qu’on cette époque on voit ainsi le célèbre mathématicien al-Abili (1282 – 1356) venir de Tunis à Béjaia et expliquer aux étudiants (de cette ville) quelques difficultés du Mukhtassar, alors que d’autres Tlemcéniens, Ibn Marzuk al-Djad et Said al-Uqbani, tout deux élèves d’Ahmed Ben Idris à Béjaia, rédigent leur propre commentaire du traité. D’autres " Sharh ", gloses ou abrégés, suivront dans tout le Maghreb : Ibn Farhun, Abu Aly Aberkan, Nasr az-Zwawi, Ibn Marzuk al-Hafidh, al-Uqbani (le fils), al-Wansharissi, as-Sanus ainsi que d’autres.

Selon notre interlocuteur, aucun d’entre eux n’égalera celui d’Ahmed Ben Idris. C’est ce qui explique que son "Sharh" ait servi de référence aux travaux les plus prestigieux : les commentaires du "Qadi al-Jama" de Tunis al-Qalshani et du Tlemcenien Ibn Zaghu, l’Ikhtissar, du bougiote Muhamed ben Belqassem El-Machdaly, "sur les discussions d’Ibn Arafa touchant les opinions d’Ibn al-Hadjib".

A travers les thèmes dégagés, la première partie du colloque tentera d’identifier et de faire connaître l’action et la contribution d’Ahmed Ben Idris, de répertorier les sources connues et de localiser les manuscrits disponibles et de ses œuvres dans les bibliothèques publiques et privées en Algérie et à l’étranger.

Dans la deuxième partie du colloque, les conférenciers aborderont la question du saint Savant Sidi Ahmed Wedris sur "Le double plan anthropologique et sociologique". Les deux approches se complètent et s’alimentent. Ils tenteront une explication des rapports constants que Sidi Ahmed Wedris a entretenu avec le local.

Ces rapports remontent à l’arrivée de ce dernier dans les montagnes de Kabylie à travers ses principales stations, notamment à Abaynu (Akabiou – Timezrit) avant de s’installer définitivement dans les Illoula Oumalou. L’existence d’une importante source d’eau à Abaynu que l’on attribue à Wedris, pose l’hypothèse du maintien du groupe villageois, de sa reproduction à la fois biologique, sociale et culturelle.

L’étendue du territoire géographique et social, qui va de la tribu des Ath Yemmel, les Ath Ouaghlis, les Ath Mansour en Kabylie de la Soummam, jusqu’à celle des Illoulen ou, plus loin encore, celle des Ath Aissi en Kabylie du Djurdjura, dénote de l’importance de la dynamique et de la solidarité sociale qu’il n’a cessées d’incarner jusqu’à nos jours.

Le personnage et son institution (Timaâmmert n’Wedris) au Illoula Oumalou (Bouzeguène), grâce à la sacralité du lieu, au rituel qui accompagne le pèlerinage collectif qui se produit en chaque Moussem, et de manière exceptionnelle lors de la fête de l’Achoura, constituent une véritable commémoration qui draine et permet la circulation de richesse et d’échanges, de biens matériels et symboliques, dans une région relativement enclavée et déshéritée.

"C’est probablement à l’érudition du plus grand savant de Béjaïa, à son époque, à savoir le jurisconsult Ahmed Ben Idris al-Bija’i qui est décédé en 1358, que ce Mukhtassar doit sa diffusion dans tout le Maghreb et au-delà. En effet, celui qui était considéré comme étant Al-Faqih as-Salih. le Tunisien Ibn Arafa (1316 – 1399)], comme la référence absolue, Ibn Farhun Ben Salama al-Biskri, est l’auteur du plus célèbre Sharh, (commentaire) du Mukhtassar d’Ibn al-Hadjib. Ahmed Ben Idris l’avait rédigé bien avant que la ville de Béjaïa n’accueille ceux qui deviendront ses disciples les plus connus : Ibn Khaldoun (à Béjaia en 1352), al-Huwary, al-Waglisi, Belqassem al-Machdaly et bien autres ", dira Aissani.



Fazila Boulahbal

La Depeche de Kabylie
Édition du Mercredi 18 Octobre 2006 N° 1333
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