LE MARRIAGE

Les Hommes bleus du Hoggar, Tassili et l'Afrique Subsaharienne (au sud de l'Algerie et la Libye, au nord du Niger, Mali, et du Burkina Faso).

Modérateur: mbibany

LE MARRIAGE

Messagede mbibany » Jeu Sep 01, 2005 10:45

ILLIZI:
Touareg du Tassili N’ajjer.
Le mariage targui


· Les Touareg du Tassili N’ajjer continuent de préserver les cérémonials du mariage, coutumes profondément héritées de leurs aïeux, qui se déroulent conformément à des traditions spécifiques.


***-- Les premiers pas des préparatifs du mariage débutent par le déplacement de la famille du futur époux vers les parents de la fille pour demander sa main, sans consultation préalable des deux concernés. Le mariage chez les Touareg lie les familles et les tribus, sans impliquer les individus, à l’instar d’autres horizons.

Le cérémonial débute quinze jours avant le mariage, pour permettre à la famille de la future mariée de distribuer des parts de semoule aux voisins censés s’occuper de la préparation du couscous.

Vient ensuite l’étape de la remise de la dot, appelée localement “Kaya” en langue targuie, et à travers laquelle la famille du marié ramène une caisse de bijoux en argent, ainsi que tout ce dont a besoin la mariée. Ce moment, considéré par les Touareg parmi les plus importantes étapes du mariage, intervient à la veille de la fête.

Les femmes se parent de leurs plus beaux habits, ainsi que de leurs bijoux, et "se font belles", en mettant des produits traditionnels, tel le henné, donnant ainsi "le top" de départ du cérémonial, organisé à l’honneur de la famille de la mariée, sous les sons du tindi et des youyous.

***--Traditionnellement le mariage débute le premier jour du week-end, le jeudi, pour s’étaler une semaine durant. Les hommes sacrifient un chameau, pilant sa viande, et préparent "talebdjat", ce plat composé de viande de chameau, en morceaux, mélangé et cuit au smen. C’est dans cette ambiance de joie et de liesse, que sont sacrifiés également de nombreux caprins que l’on propose, en plats diversifiés, aux familles et tribus durant les sept jours. Les femmes, de leur côté préparent du jus de dattes mélangé au lait pour éviter, selon les croyances locales, toute indigestion aux invités.

Durant cette période, la mariée reste cachée aux yeux indiscrets, nul ne pouvant la voir ni savoir où elle se trouve, hormis celles s’occupant de son maquillage, deux femmes choisies par sa famille parmi les plus proches.
Ceci est également valable pour le marié, chacun dans sa kheïma, dans une ambiance festive faite de chants et de danses "Aliyouane" exécutées par les chameliers, que les femmes font vibrer sous le son des tambours, en présence des membres de toutes les tribus invitées.

Parmi les scènes habituelles dans les mariages des Touareg du Tassili N’ajjer, celle de l’organisation de courses "Alachou" assez connues et dont les principes se basent sur le morceau ou bout de tissu "arraché" par un des danseurs d’une des jeunes filles présentes à la fête, en prenant la poudre d’escampette mettant au défi ses poursuivants de le rattraper. Récupéré par un des participants, le bout de tissu donne lieu à une autre ambiance de fête avec le groupe qui met en place les tambours de "Tahamat" pour que l’ensemble des présents se dirigent au site du mariage, les hommes préparant le thé alors que les jeunes filles se lancent dans les chants spécifiques.

Dès que la nuit s’installe, le marié est accompagné dans sa kheïma par des jeunes chantant la Bourda ''Madih du prophete" avant la lecture collective de la Fatiha du Saint Coran où le rejoint la mariée, embellie, fardée, parfumée de senteurs traditionnelles.

La mariée ne pénètre chez son mari que vers minuit après un rituel appelé par les Touareg, "Aghatimen" et qui consiste en la remise d’une paire de sandales targuies et d’une somme d’argent, en fonction de l’aise du mari.
A ce moment la mariée est autorisée à accéder dans la kheïma de son mari. Les convives doivent se disperser, hormis les “vizirs” qui ne quittent le lieu que le lendemain matin. Cette tradition est appelée “Nadjerdjist”.

La mariée rejoint par la suite sa propre kheïma pour une durée de sept jours, en compagnie de son mari, sans sortir, respectant la tradition dénommée par les Touareg,"Assaa Hadhane".
Pendant tout ce temps, tambours et rythmes du tindi président la fête au moment où les deux époux sont toujours chez les parents de la mariée, et ce dans le cadre du respect à la lettre des pures traditions et coutumes des Touareg du Tassili N’ajjer.

Source: R. L. / APS/ELMoudjahid/Info-soir du 31/08/2005
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