MAURES: LES BERBERES DE MAURITANIE

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Modérateur: mbibany

MAURES: LES BERBERES DE MAURITANIE

Messagede mbibany » Mar Juil 19, 2005 14:47

le pays est partagé entre deux populations principales: d'une part, les Arabo-Berbères ou Maures – d'où le nom de Mauritanie: le «pays des Maures» – appelés aussi les «Blancs» et, d'autre part, les Négro-Africains: Toucouleurs, Sarakolés, Foulons, Bambaras, Peuls, Wolofs et Soninkés. Durant les dernières années, les rivalités entre Arabo-Berbères, traditionnellement dominants, et Noirs, qui n'acceptent plus la domination des premiers, se sont exprimées violemment, notamment entre 1989 et 1991. Il existe aussi un troisième type de population: les Haratines. D'origine négro-africaine également, ce sont d'anciens esclaves affranchis dans les faits depuis 1980 et qui ont adopté l'arabe hassanya.

Même si pratiquement toute la population (99 %) pratique l'islam, la religion officielle, il existe quatre communautés linguistiques principales: le hassanya (66 %), le poular (6,4 %), le soninké (1,3 %) et le wolof (0,4 %). Le hassanya est une langue arabe influencée par le berbère, donc regroupant les caractéristiques des langues chamito-sémitiques, et assez différente de l'arabe classique, alors que le poular, le soninké et le wolof sont des langues nigéro-congolaises. On constate que le nord du pays est relativement monolingue et parle le hassanya alors que le Sud négro-africain vit un certain plurilinguisme avec le poular, le soninké et le wolof.
La langue officielle de la Mauritanie est, depuis 1968, l'arabe classique. Selon Amnistie internationale, Anti-Slavery International et de nombreuses ONG locales, plus de 10 % de la population serait toujours retenue en esclavage.. Évidemment, le régime militaire en lace depuis deux décennies nie sur toutes les tribunes l'existence de l'esclavage. Les esclaves et leurs descendants, c'est-à-dire les Haratines, appartiennent à la couche inférieure de la société. Les guerriers (hassans) et les religieux (marabouts) sont au sommet de la pyramide sociale. La promulgation de l'interdiction de l'esclavage en 1980 n'a jamais été suivie de mesures d'application. Le problème, c'est que la classe politique dominante, composée presque uniquement de Maures blancs, est celle qui bénéficie le plus de l'esclavage. Les Maures blancs n'ont aucun intérêt à dénoncer cette pratique d'une autre époque. C'est pourquoi la société mauritanienne est encore basée sur l'oppression de certains groupes ethniques par d'autres.

Le français a été une langue officielle avec l'arabe jusqu'en 1991. Toutefois, malgré son absence de statut dans les documents juridiques officiels, le français a conservé une bonne partie de ses privilèges. Force est de constater que les langues nationales mauritaniennes — hassanya, poular, soninké et wolof — n’ont pas acquis de statut officiel et que l'arabe classique, celui du Coran, n'est la langue maternelle de personne dans ce pays. De plus, ces langues nationales ne sont pas écrites et très peu enseignées. Les seules langues écrites en Mauritanie sont l'arabe classique et le français.

À partir du Ier millénaire de notre ère, des Berbères nomades venus du Nord, possesseurs de chevaux et de chameaux, s'installèrent dans cette région en voie de désertification. Ils assujettirent les agriculteurs noirs, qui devinrent leurs esclaves. Les Berbères furent à leur tour assujettis par les Arabes au XVIe siècle. C'est de cette époque que date la structuration en castes de la société mauritanienne: au sommet, on trouvait les Berbères — les lettrés et marabouts (ou commerçants) — et les Arabes (les guerriers). Ensuite, c'étaient les esclaves noirs (les Haratines) auxquels étaient dévolues les tâches agricoles. L'arabe intégra les dialectes berbères pour former l'arabe hassanya, la langue de la majorité des habitants de ce pays.

Bibliographie

CALLIES DE SALIES, Bruno. «La Mauritanie cernée par les conflits» dans le Monde diplomatique, Paris, février 1997.

ENCYCLOPÉDIE MICROSOFT ENCARTA, 2004, art. «Mauritanie», pour la partie historique.

HALAOUI, Nazam. Langue dominante, langue rejetée: le hassanya en Mauritanie, DiversCité Langues, vol. 1, 1996-1997, [http://www.uquebec.ca/diverscite].
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