Histoire de la mauritanie

ca vous dit quelque chose?

Modérateur: mbibany

Histoire de la mauritanie

Messagede mbibany » Mar Oct 09, 2007 11:14

L’appellation Mauritanie provient du nom de Maures ou Mauri que donnaient autrefois les historiens romains à certaines tribus du nord de l’Afrique ; Mauri viendrait du phénicien Mahurim qui signifierait " hommes de l’Occident ". Historiquement, la Mauritanie a connu une triple pénétration : berbère, arabe, européenne.


Ses premiers habitants sont noirs et pratiquent la chasse, la pêche, l’élevage et l’agriculture à l’époque néolithique. Avec le dessèchement du Sahara à partir du premier millénaire avant l’ère chrétienne, ces Noirs vont se replier plus au sud où les conditions climatiques sont plus clémentes. Ils seront supplantés progressivement au Sahara par des populations blanches venues d’Afrique du Nord : les Berbères. Cette pénétration berbère dura plus de quinze siècles depuis les Sanhadjas (constitués par les tribus Lemtouna, Lemta, Gdala et Messoufa) jusqu’aux derniers venus, les Zanatas.

Les Noirs qui avaient été refoulés au sud du pays et dont certains avaient été asservis par les Berbères vont se réorganiser et créer au ive siècle de l’ère chrétienne un État fort et remarquablement structuré : l’empire de Ghana qui s’étend du Haut Niger au Haut Sénégal et englobe le Tagant. Ils prennent leur revanche sur les tribus berbères en mettant sous leur dépendance à la fin du xe siècle Aoudaghost, la capitale des Sanhadjas.

Cette suzeraineté de l’empire de Ghana sur les Sanhadjas va s’effondrer quand un notable Lemtouna, Yahya Ibn Ibrahim, fonde en 1042 avec Abdallah Ibn Yacin, lettré marocain, et les frères Ibn Omar, Yahya et Abou Bekr, le mouvement des Almoravides dont l’objectif au départ était la purification de l’islam des Berbères convertis depuis le viiie siècle. L’action des Almoravides s’étendra au Maroc par la prise de Sijilmassa en 1053 et la création de Marrakech en 1070 par Youssouf Ibn Tachifin. Au sud, les Almoravides conquièrent Aoudaghost et convertissent à l’islam sunnite les populations noires animistes de Ghana.

Vers 1400, le groupe Hassane des Arabes Maqil originaires d’Arabie arrive en Mauritanie, bat les tribus berbères et organise le pays en émirats : émirat du Trarza fondé vers le xve siècle puis émirats du Brakna et du Hodh. Le Tagant et l’Adrar ne tomberont qu’au xviie siècle après une guerre de trente ans, la guerre de Charr Boubba (1644-1674). L’émirat de l’Adrar ne fut créé qu’en 1740. Les Hassanes vainqueurs vont former la classe noble et guerrière et font adopter leur parler, le hassaniyya, par les populations berbères selon un processus bien décrit par Nicolas, 1953, 11 : " Les Berbères, vaincus, vont devenir tributaires et se tourner vers le maraboutisme. […] Or, eux, les détenteurs du véritable fonds culturel berbère, en particulier de la langue, vont être de plus en plus appelés à délaisser celle-ci ; leur inclination à l’étude, leur faisant cultiver à fond la langue arabe pure, les amène à se trouver une origine généalogique plus purement arabe que celle des conquérants. "

2.1. Multilinguisme et diglossie

Les Maures blancs et noirs parlent le hassaniyya (4), un dialecte arabe (5) imprégné de berbère (6) (qui comme l’arabe appartient typologiquement au phylum afro-asiatique). C. Taine-Cheikh, l’un de ses principaux spécialistes, après avoir souligné le maintien d’items berbères (7) dans certains lexiques (élevage bovin, toponymie) note (1979, 168), que " le caractère incontestablement arabe du hassaniyya n’empêche pas, naturellement, un certain nombre de différences nettes entre ce dialecte et l’arabe littéraire. Sur certains points […] le hassaniyya apparaît cependant comme un dialecte assez conservateur (proche des parlers de nomades en général). L’un des exemples est, en phonologie, le maintien des trois interdentales de l’arabe classique ".

Les Négro-Mauritaniens utilisent pour leur part des langues africaines qui sont également parlées dans les pays voisins :
– le poular, langue appartenant à la famille linguistique ouest atlantique (phylum Niger Congo) pour les Haalpulaaren,
– le soninké, langue appartenant à la famille linguistique mandé (phylum Niger Congo) pour les Soninkés,
– le wolof, langue appartenant à la famille linguistique ouest atlantique (phylum Niger Congo) pour les Wolofs,
– et le bambara, langue appartenant à la famille linguistique mandé (phylum Niger Congo) pour les Bambaras.

Il convient cependant de souligner une différence de taille entre le hassaniyya et les langues négro-mauritaniennes : alors que ces dernières, porteuses d’une riche oralité, n’ont eu de transcription écrite que relativement récemment, le hassaniyya " est rattaché à une langue écrite et enseignée qui, de plus, est la langue religieuse de tous les Mauritaniens : l’arabe " (De Chassey, 1984, 335). Cette différence de rapport à l’écrit explique partiellement les différences de statut des langues en contact et d’accès à l’écrit pour les membres des différentes communautés :

La majorité des petits Maures, par le biais de l’apprentissage obligatoire du Coran, des Hadith et de la Vie du Prophète, sont (à des degrés divers) alphabétisés en langue arabe, langue de la religion, relativement proche de leur langue maternelle. Aussi les Maures sont détenteurs d’une culture qui, sans retrancher l’apport de l’oralité (chants et poésie en hassaniyya), s’est développée très tôt dans l’écrit, au moyen de la langue et de la graphie arabes. La relation hassaniyya / arabe classique, conforme à la diglossie de Stewart, repose sur une distribution langue de prestige écrite / variété vernaculaire orale, que leur continuité intra-linguistique rend complémentaires.

Pour les Négro-Mauritaniens, le problème de l’accès à l’écrit est plus problématique. Dans la société traditionnelle pré-coloniale, la diglossie entre l’arabe coranique, langue écrite (d’autant plus prestigieuse que les Négro-Mauritaniens, en particulier les Haalpulaaren, ont été des diffuseurs zélés du Coran en Afrique noire) et les langues vernaculaires, langues de l’oralité et du quotidien, était très accentuée. Dans la société coloniale, l’obligation du choix du français comme langue d’alphabétisation par la Puissance coloniale superposait une autre diglossie tout aussi tranchée à la diglossie précédente. Cependant, le nombre réduit des lettrés tant arabophones que francophones pendant les deux périodes ne modifiait pas le caractère essentiellement oral des sociétés et cultures négro-mauritaniennes. À l’époque post-coloniale, la nécessité du passage à l’écrit, indispensable à la vie dans une société moderne et objet de revendications sociales, posait le problème du choix de la langue écrite entre les trois options possibles : choix de la langue arabe (longtemps prônée par le pouvoir mauritanien favorable à l’arabisation intégrale du pays), choix des langues maternelles transcrites (avec ici encore le problème du choix des caractères, arabes ou latins) ou choix du français, langue héritée de la colonisation, la préférence pour l’une ou l’autre des trois options dépendant bien entendu de considérations essentiellement politiques.

En l’absence d’une enquête linguistique systématique – les services statistiques du pays étant obstinément muets à propos de ce sujet – nous ne pouvons indiquer de chiffres relatifs au nombre de locuteurs de chaque langue (8) (cf. cependant 6.7.). Nous n’avons pas non plus d’informations sûres sur la distribution de chacune des langues dans les différentes régions du pays : l’enquête empirique menée par les étudiants de l’E.N.A. en 1977 (publiée dans Chartrand, 1977, 118) indiquait cependant que " le hassaniya domine nettement dans les 1re, 2e, 3e, 6e, 7e 8e, 9e, 11e et 12e régions, c’est-à-dire dans toutes les régions de la Mauritanie, à l’exception de la 4e (Gorgol) et de la 5e région (Brakna) à prédominance pular et de la 10e région (Guidimaka) à majorité soninké, le district de Nouakchott étant lui à majorité hassaniya " (9). Ce qui est certain, c’est que si le multilinguisme prévaut dans la plupart des régions, tous les locuteurs ne parlent pas toutes les langues ni même partie de ces langues. Tout au plus, certains Mauritaniens auront parfois tendance à parler la langue de la région où ils résident : ainsi le Maure qui se trouverait à Boghé ou à Kaédi (sud du pays) à dominante Haalpulaaren va parler le poular ; le Toucouleur qui habiterait le Trarza (sud-est) peuplé de Beidane aura tendance à parler le hassaniyya. Le wolof, d’apprentissage facile et principale langue du pays voisin, le Sénégal, où se rendent les Mauritaniens pour affaires et autres activités, sert aussi parfois de véhiculaire entre certaines populations généralement illettrées.

2.2. Modes d’acquisition des langues

L’acquisition traditionnelle des langues se fait à la fois dans la famille élargie et de façon plus formelle à l’école coranique ou dans les méhadras.

2.2.1. L’éducation familiale

La famille constitue depuis des temps immémoriaux – en Mauritanie comme ailleurs – le lieu privilégié d’acquisition des langues maternelles. Cependant, le milieu familial constitue aussi le lieu d’apprentissage de l’arabe coranique. Dès les premiers mois de la vie, c’est avec des berceuses dont les paroles sont constituées par la profession de foi de tout Musulman (Allah, Allah, Allah… la ilaha illallah, Muhamadun rasulullah) que l’enfant est endormi par sa mère, la bouche littéralement collée à l’oreille (Miské, 1970, 20). C’est d’ailleurs la mère qui s’occupe presque exclusivement de cette première étape de l’éducation religieuse de l’enfant en lui apprenant vers l’âge de cinq ans des éléments de la vie du Prophète de l’Islam, les noms de sa mère, de ses enfants et de ses épouses ainsi que ceux de ses principaux compagnons, les quatre califes orthodoxes : Abou Bakr, othman, Omar et Ali. Puis c’est l’initiation -au moins chez les Maures lettrés- à la graphie de l’arabe et l’apprentissage des premières sourates permettant l’entraînement à la prière non encore obligatoire. La sahwa, ou pudeur, fait partie de cet enseignement : interdiction de regarder en face les personnes plus âgées, de fumer en leur présence ou de proférer des paroles impudentes, etc. Cette éducation familiale se voit assez tôt complétée par un enseignement traditionnel reposant sur l’arabe classique.

2.2.2. L’enseignement traditionnel

Comme le note R. Gauthier, 1992, " l’enseignement traditionnel de type informel reste intimement lié à l’histoire de la Mauritanie depuis plus d’un millénaire et constitue une originalité frappante de ce pays. Particulièrement souple et adapté à la vie mauritanienne, cet enseignement financé par les ménages est dispensé dans les mahadras, ou écoles coraniques, dans lesquelles on peut s’inscrire à tout âge. Les programmes en usage, variables selon l’âge des auditeurs et le niveau des enseignants, vont de la simple alphabétisation à l’érudition la plus poussée. Ils conservent toujours le même contenu, essentiellement religieux et linguistique, avec pour objectifs la connaissance et la propagation des valeurs islamiques et de la langue arabe. "

2.2.2.1. La mahadra de niveau primaire (10) ou école coranique

Ce n’est que vers l’âge de sept ans, selon Miské (1970, 7), cinq ans selon Ahmed Lamine Ech Chinguiti (1953, 109), que l’enfant est dirigé vers une école coranique où la récitation du Coran est complétée. Parfois, l’enfant arrive sans cette instruction préalablement donnée par la mère et la famille en général. Il est alors pris en charge par un maître, le mrabet, ou une maîtresse, la mrabta, qui vont, sous une tente ou une sorte d’appentis en bois de chaume et avec pour tout équipement une plume de roseau ou de tige d’herbe, " une pierre évidée […] au sein de laquelle de la gomme et du charbon écrasés et humectés de salive ou d’eau servaient d’encre " (Ould Cheikh, 1985, 375), une planchette de bois, le loh et bien entendu le Coran, lui enseigner la voyellisation, les signes orthographiques, l’écriture, qui constituent la préparation à l’enseignement du Coran. Cet enseignement qui concerne garçons et filles appartenant à toutes les catégories sociales, mais surtout aux marabouts et aux guerriers, a lieu trois fois par jour : après la prière du matin, après celle de l’après-midi, le dohr et une enfin au moment du coucher du soleil avant la prière du maghreb.

Il est fondé sur la mémoire et conduit à la récitation de l’intégralité du Coran après cinq à sept ans d’étude, parfois plus tôt pour les plus brillants. Mais tous ne vont pas jusqu’au bout : ainsi les filles, dès l’âge de dix ans, sont retirées de l’école pour compléter leur instruction dans leurs familles et préparées au mariage. L’enseignement coranique est dispensé sous la férule du maître ou de la maîtresse dans une véritable cacophonie qu’engendre la récitation mécanique de lettres et de versets ânonnés en même temps et sans compréhension par de cinq à trente enfants d’âges et de niveaux différents. Le fait d’écorcher la parole sacrée donne lieu parfois à de terribles sévices qu’exerce le marabout sur l’enfant (11). Chez les Haalpulaaren, le thierno envoie même ses disciples mendier leur nourriture. Les enfants se reposent deux jours et demi par semaine, le mercredi après-midi, le jeudi et le vendredi, et les jours des fêtes religieuses. Ils apportent un cadeau modique – argent ou aliments – le mercredi au maître qui reçoit, de la part de la famille de l’élève au fur et à mesure de sa formation, une rétribution qui va du don d’une brebis par sourate récitée à celui d’un chameau pour la mémorisation de tout le Coran (cf. Dubié, 1941, 2).

2.2.2.2. La mahadra de niveau secondaire

Survenant après l’apprentissage du Coran, la deuxième étape concerne principalement les adolescents (13-19 ans) et dure six ans en moyenne. Les disciples, souvent eux-mêmes issus de familles maraboutiques, apprennent sous la direction du maître les sciences du Coran, la vie et l’histoire du Prophète, le droit musulman, la langue et la grammaire.

2.2.2.3. La mahadra de niveau supérieur

La troisième étape correspond à la phase universitaire proprement dite. Les étudiants, regroupés par niveaux et par disciplines enseignées, dowlas, apprennent essentiellement la jurisprudence musulmane, le fiqh. Mais d’autres matières sont également enseignées. Ould Cheikh (1985, 381) cite parmi celles-ci le dogme musulman, la mystique, l’exégèse coranique, la phonétique normative, les dits prophétiques (les hadiths), l’histoire sainte (la Sira), la langue arabe, la grammaire, la rhétorique, la métrique et la logique, l’arithmétique, l’astronomie et la géographie, la médecine et la " science des secrets des lettres " ou magie.

Dans ces " universités du désert " qui étaient très réputées et les égales en renommée des grandes Universités coraniques de Fès, du Caire ou de Médine, les tlamid menaient une vie austère essentiellement consacrée à l’étude. En milieu maure, ceux qui étaient issus de familles aisées amenaient souvent de très loin des chamelles ou des vaches laitières et du grain pour leur nourriture qu’une hartania (esclave affranchie) ou une khadem (esclave) moulaient pour leur en faire du aïch, sorte de galette cuite dans de l’eau que l’on mange avec du lait sucré ou non. Mais les autres, et ils étaient plus nombreux, partageaient les repas des plus nantis ou vivaient aux frais de lemrabott (le professeur) ou de dons des habitants du campement à l’occasion d’événements : mariages, naissances, arrivées de caravanes, etc. Ils ne bénéficiaient évidemment pas de bourses et le professeur lui-même n’était pas officiellement rémunéré : il vivait lui aussi de dons d’anciens étudiants, des tribus guerrières, des tributaires et des haratine. Son enseignement n’était pas toujours dispensé sous une tente, dans une maison ou à l’intérieur d’une mosquée, mais donné aussi au cours de ses courts déplacements à pied ou lorsque le maître voyageait, assis sur une monture et suivi de ses étudiants.
Quand l’un d’entre eux commettait une faute, il n’était pas frappé mais le maître se contentait de s’abstenir de lui adresser la parole plusieurs jours durant. Pour donner une idée des conditions ascétiques dans lesquelles vivaient ces étudiants pendant 5 à 6 ans, citons cette anecdote d’Al Wasit (12) que rapporte Ould Cheikh (1985, 379) : " On raconte, à propos des étudiants des Ahl Muhammad Salim de la tribu des Midlechs que l’un d’eux se pencha un jour pour boire au récipient (où était préservée une partie de l’eau du campement) et qu’il reçut d’une esclave un coup de bâton sur la tête : "tu as bu hier, lui dit-elle, et seuls peuvent boire aujourd’hui ceux qui n’ont pas bu hier." Et on était au cœur de la saison chaude… "

2.2.2.4. Une islamisation et une arabisation en profondeur

L’implantation en profondeur dans la société mauritanienne de cet enseignement traditionnel permettra sa totale islamisation. Comme le note Lecourtois, 1978, 31-32, " les mahadras ont réussi leur mission. La Mauritanie leur doit l’islamisation à 100 % de tous les éléments de sa population. Elles ont su vulgariser et appliquer les enseignements religieux de l’Islam orthodoxe […] Ce sont donc les mahadras qui ont permis que la langue arabe devienne la langue nationale de la Mauritanie et forme la plupart de ses érudits. Au temps de la colonisation, elles ont été le grand rempart qui a permis la résistance à une culture étrangère et la préservation de l’héritage national ". De fait, durant toute la période coloniale, l’enseignement traditionnel l’a emporté – et de très loin – tant en prestige qu’en nombre d’élèves scolarisés sur l’enseignement colonial. Les évaluations des effectifs de l’enseignement traditionnel au cours de l’ère coloniale sont ici encore très contrastées : elles vont de 166 " écoles maraboutiques " éduquant 1 483 élèves en 1911 (selon Patey) (13) à " 800 mahadras dont 45 de niveau supérieur et universitaire en 1905 " (selon les Archives du Ministère des Affaires Islamiques, citées par Ould Ahmedou, 1997, 61). Pour la fin de l’époque coloniale le recensement donné par El Khalil Ould Enahwi dans Bilad Chinghitt et cité par Hademine, 1992, 64, donne 691 mahadras (Maures : 560 ; Toucouleurs : 86 ; Sarakollés : 30 ; Peuls : 15 ; Ouolofs : 10) comptant 5 675 étudiants (Maures : 4 500 ; Toucouleurs : 700 ; Sarakollés : 300 ; Peuls : 75, Ouolofs : 100).
mbibany
 
Messages: 695
Inscription: Jeu Mai 26, 2005 08:37

Retourner vers Les berberes de Mauritanie

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité