"Voluble Nights", Ahcène Mariche traduit en anglais

Si Mohand U'Mhend, Slimane Azem, Cheikh El-Hasnaoui, Idir, Ait-Menguelet, Matoub, etc ...

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"Voluble Nights", Ahcène Mariche traduit en anglais

Messagede ahcenemariche » Mer Mai 07, 2008 13:24

"Voluble Nights", Ahcène Mariche traduit en anglais
Posté par Djamel BEGGAZ le 6 janvier, 2008 - 02:18
Par:
Djamel BEGGAZ Kabyle.com Tizi-Ouzou Kabylie

Ahcène MARICHE est né le 21 février 1967 à Tala Toulmouts, dans la commune de Tizi Rached, à l’Est de la ville de Tizi Ouzou (Kabylie). Les gênes de la poésie ont surgi en lui avec les compositions qu’il a signé alors qu'il était lycéen en classe de 2e AS à Larbâa N-At Iraten.

En deux ans, il a réussi à publier 4 recueils de poésie : « Idh Yukin » (Nuits Volubiles) en 2005, « Taâezzult-iw » (Confidences et Mémoires) en 2006, « Tiderray » (Contusions) en 2007 ainsi que « Voluble Nights » (traduction anglaise de « Idh Yukin ».

Lors de l’une de vos conférences vous aviez dit : « Ecrire c’est accoucher ». Nous avons appris que vous veniez d’« accoucher » de jumeaux. Qu’en est il au juste ?

Oui, je viens juste d’« accoucher » de deux recueils de poésie qui s’intitulent : « Tiderray » (Contusions) qui est mon troisième recueil en Kabyle, traduit en français. Et : « Voluble Nights » qui est la version anglaise de mon premier recueil « Idh Yukin » (Nuits Volubiles).

Au moment où tout le monde se plaint du marché de la poésie, vous vous êtes permis un doublet ?

Dans la vie il faut avoir de l’audace et de la clairvoyance. Il ne faut jamais se fier aux dires des autres -les bras cassés- et les mauvais gestionnaires du domaine du livre. Mes deux premières expériences avec « Idh Yukin » (Nuits Volubiles) et « Taâezzult-Iw » (Confidences et Mémoires) m’ont prouvées le contraire de ce qui se dit. Ils se sont vendus et ont été appréciés par leurs lecteurs, ce qui m’a encouragé à éditer encore !

Toujours avec vos moyens ou y a-t-il participation d’éditeur ?

Tant que je n’aurais pas rencontré de vrais professionnels du livre, je n’aurais rien à attendre de ces « autres ». Je me consacre pour mon œuvre et je suis satisfait à plus d’un titre. Comme nous disons en Kabyle :

Win ur nerri ddwa i titt-is
Ur s tid yetteg u aâem-is
Win ur nezwi acdhadh-is
Ammus yedda deg ubernus-is
Win ur neqrih taxrit-is
Yezra rrbeh ifut-it

Qu’est ce qui a motivé votre choix pour la publication en anglais ici en Kabylie ?

Primo, je suis quelqu’un qui adore les langues et l’anglais reste une langue « universelle ». Secondo, il y a plein de départements d’anglais au sein des universités en Algérie ce qui dit qu’ il y a beaucoup d’étudiants dans cette langue et des professeurs aussi au niveaux des lycées et collèges, alors j’ai pensé à leur offrir un moyen didactique avec une « âme kabyle ».

Je signale, au passage, que des amis professeurs d’Anglais m’ont déjà sollicité pour avoir mes poèmes traduits afin qu’ils les étudient avec leurs élèves et étudiants. Je signale aussi que j’ai déjà publié en Anglais aux U.S.A. au niveau de l’Université de l’Oregon, au printemps 2005.

Vous avez organisé une vente dédicace pour « Voluble Nights » spécialement pour les anglophones à la Maison de Culture de Tizi Ouzou. Quelle a été l’appréciation du public ?

C’est suite à l’invitation de mon ami Noufel BOUZEBOUDJA, professeur au département d’Anglais de l’Université de Tizi Ouzou, lors du spectacle donné par ses étudiants à l’occasion de leur soutenance. Ça a étonné tout les présents et qui se sont pressés de le découvrir, ils ont lu, acheté et commenté. Il faut dire aussi que lors de sa distribution à Tizi Ouzou, à Bgayet et à Alger, tous les libraires ont apprécié l’initiative qui reste une première.

Y’a-t-il des personnes qui vous ont encouragés dans cette démarche ?

En premier Dalila Aït Salem qui a traduit les poèmes et qui a été vraiment inspirée par mon œuvre, puis Nabil BOUDRAA, professeur à l’Université de l’Oregon aux U.S.A. qui a déjà publié mon poème « Saint Valentin » -qu’il a découvert sur votre portail- dans le numéro consacré aux « North Africain Voices » de la célèbre revue « To Topos », c’est lui-même qui a préfacé le livre d’ailleurs.

Je citerai aussi Henry QUINSON qui a apprécié mes poèmes en Anglais et viens de préfacer mon deuxième recueil « Taâezzult-Iw » (Confidence et Mémoires) en Anglais : « Confidence And Memories » ainsi que d’autres amis.

Après avoir lu vos ouvrages, nous avons remarqué votre fidélité à votre touche personnelle dans le style, l’approche, l’analyse, la thématique. Que pouvez vous nous en dire ?

Avant de passer à l’édition, j’ai laissé mûrir mes idées, j’ai mis plus de vingt ans, là je me suis situé, j’ai vu mes point forts, ce qu’il y avait et ce qui manquait à la poésie kabyle, puis, mon bagage scientifique aidant, ça m’a permis de voir clair et de tracer l’esquisse d’un chemin à suivre assez singulier.

Dans chaque recueil je met une certaine saveur, touche, approche qui peut tenir en haleine le lecteur et attire sa curiosité car je n’aime pas tourner en rond. J’aime toujours offrir un bouquet de fleur dont la couleur, le parfum, les épines et la forme changent, des fois, mais dont on reconnaît toujours l’émanation !

Justement, vous vous singularisez sur la scène poétique par vos sujets qui inspirent et qui intriguent. C’est voulu ou ça vient comme ça ?

Quand j’écris, je ne contrôle pas le flux des mots car ça viens en torrent je n’ai qu’a transcrire ce que le « poète en moi » me dicte, mais quand je prépare un recueil, je fais un tri dans mon viatique et je choisi le nombre de poèmes qu’il faut, selon le goût et la saveur que je veux donner à celui-ci.

Après Isope, Jean de la Fontaine et Slimane AZEM qui ont fait parler les animaux, moi aussi j’ai été inspiré comme eux, dans certains de mes poèmes, mais j’ai préféré faire parler les ustensiles, c’est ma propre vision des choses. J’ai fais parler l’aiguille et raconté l’ingratitude qu’elle subit de la part de l’être humain. Aussi, le couteau qui raconte sa vie avec l’être humain, ses moments de bonheur et de fierté ainsi que le malheur qu’il subit et même son processus de fabrication et ses supplices.

« Sidi Valentin » (Saint Valentin) est une première dans la culture berbère et pourtant je me suis inspiré de ce que les amoureux vivent en cette occasion. Là encore, j’ai rendu hommage aux couples amoureux de la planète en hissant à l’universalité les amoureux kabyles et algériens tels : EL HASNAOUI et FADHMA, CHABANE et DHRIFA UJAJIH , SAID et HIZIA …

La carte de vœux pour la Saint Valentin reste aussi quelque chose d’inédit chez nous. Dans quelles circonstances est né ce projet ?

Sachant que mon poème « Saint Valentin » a fait en premier un franc succès au niveau des universités puis à travers mes émissions de radio et de télévision, considérant le mouvement au niveau des villes le 14 février qui nous montre la « fièvre d’amour » qui touche les jeunes, j’ai pensé à leur offrir cette carte pour répondre à une demande, comme on me réclamait le poème « Saint Valentin », j’ai trouvé ce moyen pour satisfaire tout le monde à l’ occasion de la fête des amoureux en 2006 et en 2007, elle s’est vendue très bien et a égayé plein de couples (Rires).

Revenons à votre ouvrage « Tiderray » (Contusions), vous enfoncez encore davantage le clou avec plein d’énigmes : Zivka, Sept et Demi, Vingt-sept et Demi… pourquoi tout cela ?

Tout auteur a ses énigmes, ses secrets, son style, sa manière de « coiffer » ses œuvres. Il n’est pas obligé de tout dévoiler, alors il use de messages codés, énigmatiques et autres astuces qui ajoutent le grain de sel à son œuvre.

Ma manière de présenter les sujets est aussi inspirée de ma profession de professeur de physique où le côté analytique est omniprésent, à côté du fait que des fois j’aime aller à contre courant pour voir sous d’autres angles et facettes les choses de la vie.

En plus de l’amour qui est l’essence de l’œuvre romanesque et poétique, quels sont les sujets traités ?

J’ai touché à plein de sujets, entre autres : l’inspiration, l’argent, la santé et ses limites, la société, des constats, l’imitation, la patience, les fréquentations, l’éducation, les sautes d’humeur…

Sur la couverture de votre recueil on remarque la signature d’un artiste peintre…

L’artiste peintre est Ray Slim Amazigh, un véritable grand artiste que j’ai rencontré et dont j’ai apprécié les visions. Quand j’ai visité sa « caverne », je ne pouvais pas résister à cette envie de voir un de ses tableaux sur mon recueil. Je lui en ai fait la proposition et expliquer le contenu de mon recueil, d’un commun accord nous avons choisi ces deux tableaux qui reproduisent l’âme de mon ouvrage. Nous avons, en quelque sorte, uni la parole à la peinture, au bonheur des deux Arts !

Vous nous avez appris que vos ouvrages ont fait l’objet d’études universitaires, qu’en est il ?

Oui, c’est un trinôme de filles du Département de langue et culture amazighs de Tizi Ouzou qui, pour leur mémoire de fin d’études, ont choisies de travailler sur mes deux premiers recueils « Idh Yukin » (Nuits Volubiles) et « Taâezzult-Iw » (Confidences et Mémoires).

Elles ont soutenu il y a juste quelques semaines et je tiens à les féliciter pour l’intérêt qu’elles ont accordé à mon oeuvre. Sincèrement, cela ne peut que faire plaisir à n’importe quel auteur, moi-même ça m’a rassuré et donné plus de courage à aller de l’avant.

Avec toute cette verve et ambition que tout le monde vous reconnaît, quels sont les projets que vous nous réservez encore ?

Je viens de terminer l’enregistrement d’un CD audio de mon recueil « Taâezzult-Iw » (Confidences et Mémoires) sur un fond musical (flûte, luth, guitare, qanoun, bendir) qui, j’espère, pourra être édité prochainement avec le concours des éditions Jardin des Artistes.

Je compte éditer « Taâezzult-Iw » (Confidences et Mémoires) en Anglais sous le titre « Confidence And Memories » qui est fin prêt, traduit encore une fois par Dalila Aït Salem et préfacé par un écrivain américain. Ceci, tout en attendant la sortie de mon recueil « Taâezzult-Iw » (Confidences et Mémoires), en France, chez la maison d’édition Sefraner.

Et pour conclure ?

Je remercie infiniment KABYLE.COM (Stéphane, Mohand, toi-même ainsi que toute l’équipe) qui m’a toujours ouvert ses colonnes pour m’exprimer et présenter mes ouvrages. J’avoue que c’est grâce à KABYLE.COM que pas mal de portes se sont ouvertes devant et pour moi. Je n’oublierai pas de saluer mes amis et les lecteurs de votre magazine qui m’ont soutenu tout le long de mon parcours d’écriture : « Tanemirt s tussda. »

Entretien réalisé pour Kabyle.com par : Djamel BEGGAZ

Site web / blog de Ahcène Mariche
Ahcène Mariche présentant « Tiderray » (Contusions)
Asefru MP3 : “Ger ih d wala” n Hsen Maric
Asefru MP3 : “Astehzi” n Hsen Maric
Asefru MP3 : “A hettra a zik-nni” n Hsen Maric
poete cool et sympa adorant la vie et tout ce qu il ya de beau et bon ds la vie
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