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Les Amazigh selon Ferhat MEHENI

MessagePosté: Jeu Aoû 25, 2005 07:54
de antimakiste
Selon Ferhat les amazigh sont plusieurs peuples,a plusieurs langues et a plusieurs reves...:


** 1. Lorsque l’on parle des Amazighs c’est comme si l’on parlait des Latins. Ils sont plusieurs peuples, plusieurs pays et plusieurs langues. Certes, ils sont de même origine mais celle-ci ne peut, à elle seule, fonder un projet étatique commun. Beaucoup de peuples aux origines communes (comme les Slaves) et à la même langue (comme les Arabes) ont des états séparés. Or, les différences identitaires et linguistiques chez les Amazighs sont beaucoup plus prononcées qu’ils ne le pensent. Il leur faudrait un processus historique autrement plus long et plus laborieux que celui de la construction européenne pour que puissent se dessiner les contours d’un destin commun et, forcément, avec l’association et la contribution de nos concitoyens qui se croient encore être des « Arabes ».

** 2. La langue amazighe en tant que langue commune est plus un mythe qu’une réalité . Il n’y a aucune intercompréhension naturelle entre le touareg, le chleuh ou le kabyle... Les associations amazighes du Maroc qui ont exigé de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) de leur fournir immédiatement une langue berbère unique, produite en laboratoire, en étalent toute l’innocence. Il est temps que les Amazighs se rendent compte que chacun de leur parler est une chance unique, une langue majeure, belle, admirable et qui mérite de la part de ses enfants davantage d’égards que du mépris. Construire une langue commune ne reviendrait-il pas aussitôt à jeter à la poubelle toutes celles que nous avions jusque là en usage ? Est-ce réaliste ?

** 3. Les Amazighs ont des rêves qui ne sont pas tous les mêmes sur toute l’étendue de leur sous continent. Il en est chez qui l’idéal religieux est supérieur à celui de l’amazighité et inversement. Or, face à des conflits de valeurs où, politiquement et idéologiquement, il y a difficulté de conciliation, le réflexe de division et de fraction chez nous est plus facile et plus naturel que chez d’autres peuples. A cet obstacle qui se dresse devant la possibilité d’un objectif commun, il y a lieu d’ajouter notre culture segmentaire qui imprègne des masses amazighes importantes et qui détermine des comportements allant souvent dans le sens du rejet de l’Autre... Amazigh.

source:
Contribution de M. Ferhat MEHENNI au symposium sur les Amazighs organisé par l’Institut Européen pour la Mediterranée du 28 au 30 juin 2005