l'Isma'elisme au Maghreb---Origine de l'Etat Fatimide

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l'Isma'elisme au Maghreb---Origine de l'Etat Fatimide

Messagede mbibany » Lun Oct 22, 2007 10:56

L'Ismaélisme


L’ismaélisme (isma‘iliyya) est un rameau majeur du chiisme (shi‘ a) qui compte de nombreuses subdivisions. Il est apparu au IIe siècle de l’hégire (VIIIe s.), et l’on sait peu de choses sur le début de son histoire. La période la mieux connue est la période califale des Fatimides (910-1171), pendant laquelle les imams guides divins de la communauté, dirigèrent un empire qui fut un temps le plus puissant du monde méditerranéen. Mais différents schismes contribuèrent à l’affaiblir. Les nizarites constituèrent, dans le nord de la Perse, un royaume qui allait défier pendant plusieurs siècles la puissance seldjoukide. Simultanément, l’ismaélisme connut un regain de vigueur dans le nord-ouest de l’Inde.

Après des périodes plus obscures, les autorités suprêmes des deux principales communautés ismaéliennes, les Khojas et les Bohras, s’établirent à Bombay (Mumbai). Grâce à la protection britannique, les ismaéliens du sous-continent, issus principalement de castes de marchands, accédèrent à une relative prospérité économique. Modernistes, les communautés furent cependant divisées sur le problème de la partition et, depuis les indépendances, les ismaéliens cherchent à reconstruire leur identité au gré du développement des fondamentalismes religieux.


Origine et période fatimide

Après la mort du sixième imam chiite Dja‘far al-Sadik en 765/148, une querelle de succession éclata entre ses deux fils Isma‘il et Musa al-Kasim. Marqué dès l’origine par une grande diversité, le mouvement des partisans d’Isma‘il ou ismaéliens, ne devint actif qu’à la fin du IXe siècle, sous une double forme, qarmate et fatimide. Vers 877-878/264, un certain Hamdan Qarmat, fondateur éponyme de la secte, déployait une intense activité dans la région de Kufa. C’est vers 886 qu’il aurait envoyé Abu Sa‘id al-Djannabi à al-Ahsa’ et à Bahrayn, où celui-ci créa une principauté dévouée à sa cause, un royaume quarmate. En 930, sous le règne de son fils Abu Tahir, les Qarmates s’emparèrent de La Mecque, massacrèrent les habitants, puis emportèrent la Pierre noire qu’ils ne restitueront contre rançon qu’en 950. Mais dès 939, la puissance militaire des Qarmates faiblit. La principauté qarmate d’al-Ahsa’ nous est connue par la relation qu’en donna le philosophe persan Nasir-i Khusraw (1004-1088). Il décrit une sorte de royaume idéal – welfare state avant la lettre –, où le gouvernement offre des subventions à qui veut fonder une "entreprise".

A la fin du IXe siècle, les Ikhwan al-Safa’ (Frères de la pureté), tous ismaéliens, commencèrent à rédiger leur fameuse encyclopédie, qui constituait une tentative réussie d’harmoniser le néo-platonisme et la révélation coranique. En 881/268, un autre missionnaire, Ibn Hawshab, surnommé Mansur al-Yaman, est envoyé par l’imam au Yémen où il s’assure rapidement l’appui des tribus. En 883/270, il envoie son neveu al-Haytham comme missionnaire au Sind. Au Maghreb, en décembre 909, Abu ‘Abd Allah al-Shi‘i parvient à renverser la dynastie aghlabide avec le soutien de la tribu berbère des Kutama. L’imam, ‘Abd Allah al-Mahdi, révèle publiquement son identité et il est intronisé calife en janvier 910, avant de s’établir en Ifriqiyya. Son règne (909-934/297-322) fut marqué par la soumission de tribus berbères, et celui de ses deux successeurs par la révolte du kharidjite Abu Yazid. Al-Mu‘izz, le quatrième calife, une fois restaurée la paix intérieure, entreprit la conquête du reste du Maghreb, mais son objectif prioritaire restait la conquête de l’Egypte. Son général, Jawhar, entrait à Fustat en 969/358. Il entreprit l’édification non loin de cette ville d’une nouvelle cité, la future capitale fatimide du Caire (al-Qahira), avant de poser les fondations de la mosquée d’al-Azhar. En 969-970/359, la Mecque et Médine étaient soumises. Al-Mu‘izz, arrivé au Caire en 973/362, réussit à rallier les dissidents ismaéliens. En 958/347, un état fatimide vassal était créé dans le Sind, avec Multan comme capitale. à la mort d’al-Mu‘izz, en 975/365, son fils al-‘Aziz lui succéda : c’est à la fin de son règne que l’Empire fatimide atteignit son extension territoriale maximale. Le calife se révéla un excellent administrateur et s’attacha la personne d’Ibn Killis, qui devint le premier vizir de la dynastie fatimide. Le calife-imam, tolérant envers les minorités religieuses, encouragea par ailleurs l’observance des cérémonies shiites comme al-‘Ashura’.

Lorsqu’al-‘Aziz mourut, en 996/386, son fils al-Hakim lui succéda. Sa politique envers les minorités religieuses fut plus versatile : après avoir contraint chrétiens et juifs à la conversion, il les autorisa à revenir à leur foi initiale ou à émigrer dans l’Empire byzantin. Des mesures discriminatoires s’appliquèrent aussi contre les sunnites. En 1005/395, al-Hakim créa la Dar al-Hikma (Maison de la Sagesse) ou Dar al-‘Ilm (Maison de la Connaissance). Cette institution, dotée d’une importante bibliothèque, servait de lieu de rencontre entre savants, mais aussi de centre de formation pour les da‘is (missionnaires). Vers 1017/408, un cercle d’ismaéliens se réunit autour d’un certain Hamza et propagea l’idée de la divinité d’al-Hakim. Le mouvement se développa avec al-Darazi, qui donnera son nom à la communauté des Druzes. La fin d’al-Hakim fut aussi énigmatique que sa vie : il disparut mystérieusement en 1021/411. Le règne de son successeur, al-Zahir, fut marqué par des efforts continus pour maintenir la Syrie sous domination fatimide. Après la mort d’al-Zahir (1036/477), le nouveau calife al-Mustansir, un enfant, fut le jouet des factions militaires. En 1073/465, il appela à son aide du gouverneur d’Acre, le général arménien Badr al-Jamali, qui réussit à restaurer l’ordre dans toute l’Egypte, ce qui lui valut tous les honneurs. C’est pourtant sous le règne d’al-Mustansir que l’empire commenca à décliner. Les Seldjoukides eurent tôt fait de prendre le contrôle de la Syrie et de certaines parties de l’Arabie. Mais ce déclin militaire fut dans une certaine mesure compensé par l’expansion de l’ismaélisme au Yémen et en Inde. Quant aux Qarmates, ils furent vaincus par une coalition de chefs de tribus en 1077/470, ce qui provoqua la disparition de leur royaume.

A la mort d’al-Mustansir, en 1094/487, la succession à l’imamat fut revendiquée par ses fils Nizar et al-Musta‘li, ce qui provoqua la scission de la communauté en deux branches rivales, la Musta‘liyya et la Nizariyya. Avec l’aide du fils de Badr al-Jamala, al-Afdal, al-Musta‘li fut reconnu par la majorité des ismaéliens. Son bref règne (1094-1101/487-495) fut marqué par l’apparition des croisés en Palestine, et par la prise de Jérusalem par Godefroi de Bouillon en 1099/492. Al-Afdal allait rester le véritable maître de l’Egypte pendant les vingt premières années du règne du successeur d’al-Musta‘li, al-Amir (1101-1130/495-524). Après l’assassinat de ce dernier, un nouveau schisme frappa la communauté ismaélienne fatimide. En effet, quelques mois avant sa mort, le calife avait eu un fils, al-Tayyib, qui avait été proclamé héritier. Mais l’un de ses cousins se désigna calife sous le nom d’al-Hafiz. Cette revendication fut acceptée par la majeure partie de la communauté ismaélienne d’Egypte et de Syrie, qui prit alors le nom de Hafiziyya. Seuls quelques groupes de Syrie et du Yémen continuèrent à soutenir al-Tayyib; ils formèrent la Tayyibiyya, qui devint rapidement une da‘wa (propagande confessionnelle) indépendante. Trois califes régnèrent encore après la mort d’al-Hafiz en 1149/544. Cette dernière période de l’Empire fatimide fut marquée par plusieurs invasions de l’Egypte par les Francs et les Zenguides. En septembre 1171/567, Saladin (Salah al-Din) mit fin officiellement à la dynastie fatimide en déposant le dernier calife, al-‘Adid.


Le développement du nizarisme et la période post fatimide


Lors du grand schisme de 1094/487, Hasan al-Sabbah, un da‘i du calife al-Mustansir, avait soutenu l’imamat de Nizar. De sa forteresse d’Alamut située dans le nord-ouest de la Perse, il réussit à résister à la formidable puissance de guerre seldjoukide en trouvant une forme de violence adaptée à sa situation : l’assassinat de personnages importants. Il est probable que le terme "assassins", qu’ont utilisé les auteurs occidentaux dès l’époque des croisades, provienne du sobriquet " hashishiyyin" dont les auteurs sunnites affublaient les ismaéliens, sous prétexte qu’ils se droguaient au hachisch. Hasan-i Sabbah apparaît comme le chef suprême (khudawand) de la da‘wa nizarite en l’absence de l’imam manifesté. Pendant le règne de ses deux successeurs, l’état nizarite se renforce : il est alors constitué de territoires éclatés situés en Syrie et en Perse. C’est sous le règne de son troisième successeur, Hasan II, qu’un événement considérable allait se produire. Le 8 août 1164/17 Ramadan 559, Hasan proclamait que l’imam du temps avait libéré les fidèles du fardeau de la loi (shari‘a) et qu’était venu le temps de la résurrection (qiyama). En fait, cette résurrection était avant tout l’acte de manifestation de l’imam en sa propre personne. Le deuxième successeur de Hasan, Jalal al-Din Hasan III, mit fin à la qiyama et rétablit la shari‘a en 1210/610 : officiellement, il embrassa le sunnisme. L’ismaélisme fut pourtant rétabli graduellement par son fils ‘Ala’ al-Din Muhammad III, imam en 1221/618, et sous le règne de qui le danger mongol se précisa. Le dernier imam d’Alamut, Rukn al-Din Khurshah, avait fait acte de soumission envers Hulagu, le petit-fils de Gengis-khan, en lui livrant Alamut en 1256/654 : il fut pourtant mis à mort.

Bien que la dernière forteresse nizarite n’ait été conquise par le mamlouk Baïbars qu’en 1273/671, la chute d’Alamut mettait définitivement fin à l’existence d’un état ismaélien. Mais des communautés ismaéliennes survécurent en Perse, en Syrie et au Yémen. La da‘wa tayyibite s’était implantée dès la fin du IXe/IIIe siècle dans ce dernier pays. Pour les tayyibites, l’imam était entré en occultation (satr) en 1142/526 et l’un de ses descendants viendrait à la fin des temps faire régner la justice. C’est après 1151/546 que le da‘i al-mutlaq (da‘i suprême) al-Dhu‘ayb fut proclamé avec toute autorité pour conduire et superviser les activités de la da‘wa au nom de l’imam caché al-Tayyib. Plusieurs de ses successeurs ont été des auteurs prolifiques qui ont prolongé la réflexion philosophique des auteurs fatimides classiques. Après la chute d’Alamut (1256/654), les imams nizarites durent pratiquer la taqiyya (l’art de taire ses convictions religieuses en milieu hostile ou simplement non-initié) et se dissimuler sous les traits de pirs soufis. Mais en 1310-1311/710, à la mort du successeur de Rukn al-Din Khurshah, Shams al-Din, un nouveau schisme se produisit : deux de ses fils – Mu‘min Shah et Kazim Shah –revendiquèrent l’imamat. La majorité de la communauté se rallia à Mu‘min Shah, qui était l’aîné, puis à son fils Muhammad Shah qui lui succéda; d’où le nom de mu‘min-shahites ou muhammad-shahites donné à cette secte. Cette lignée d’imam s’éteindra en Inde à la fin du XVIIIe siècle. De nos jours, elle ne subsiste plus qu’en Syrie et la croyance commune ne se distingue guère de celle du shi‘isme duodécimain. Pour les nizarites qasim-shahites, le XVe siècle est marqué par un renouveau de l’activité littéraire et de la da‘wa. Son principal promoteur est l’imam Mustansir bi‘llah (mort en 1480/885), affilié à la confrérie ni‘mat allahiyya, dont l’objectif était avant tout de renforcer son contrôle sur les communautés situées en Inde
.


L’expansion en Inde et la période moderne

C’est entre le XIe et le XIVe siècle que les principales communautés ismaéliennes de l’Inde se constituent. Les missionnaires, dont les noms et les dates varient suivant les traditions, convertissent des castes hindoues. Les membres de l’une d’elles prennent le nom de Bohras – du gujerati vohorvu, "faire du commerce" – et ils font allégeance au da‘ial-mutlaq des tayyibites. Mais après la mort du vingt-sixième da‘i al-mutlaq en 1591/999, la succession est contestée. Alors que Dawud Burhan al-Din était intronisé, le da‘i yéménite Sulayman ben Hasan al-bin Hindi affirmait avoir été désigné comme le véritable chef suprême. Le da‘i al-mutlaq des Dawudites devait continuer de résider en Inde, alors que celui des Sulaymanites allait s’établir au Yémen. La communauté dawudite devait connaître d’autres scissions aux XVIIe et XVIIIe siècles. La tradition nizarite considère que pir Sadr al-Din (XIVe s.) est le véritable organisateur de la da‘wa. Il dota la communauté nizarite de deux institutions qui en constituent encore les fondements : la jama‘t khana, la salle de réunion et de prières, et le mukhi, le chef de la communauté locale. La tradition lui attribue aussi la conversion de la caste hindoue des Lohanas, dont les membres prirent alors le nom de Khojas (du persan khwaja "maître"). A la mort de son successeur Hasan Kabir al-Din en 1470/875, une querelle apparut puisque la fonction fut revendiquée par son frère Taj al-Din, et son fils Imam Shah. L’imam de Perse reconnut Taj al-Din mais le propre fils d’Imam Shah, Nar Muhammad, prétendit que son père avait été l’imam, et qu’il était lui-même son successeur. Ce faisant, il fondait une da‘wa séparée, celle des imamshahites ou Momnas.

En 1840/1256, le da‘i al-mutlaq des Bohras dawudites mourut subitement sans avoir désigné de successeur : cet événement allait déclencher une nouvelle série de dissidences. Par la suite, le quarante-neuvième da‘i Muhammad Burhan al-Din, octroya une Constitution (dastur al-amal) en 1899 qui réduisait les pratiques rituelles et réaffirmait son autorité suprême. Il s’opposa à la modernisation que réclamait une partie des Bohras. Le nouveau da‘i qui accéda au pouvoir en 1915/1333, Tahir Sayf al-Din (mort en 1965/1385), prétendit à l’impeccabilité et à l’infaillibilité mais, à l’issue d’un procès intenté par ses opposants, il fut débouté par un jugement rendu en 1920 où le juge britannique affirmait qu’il n’était pas da‘i al-mutlaq mais seulement nazim (administrateur), précisant même qu’il restait curateur des biens de la communauté tant que celle-ci était satisfaite de sa gestion. Son fils, Muhammad Burhan al-Din, da‘i depuis 1965, prétend aux mêmes pouvoirs que son père. La communauté, forte d’environ cinq cent mille membres, reconnaît devoir une obéissance absolue au da‘i. Pourtant, des réformateurs se sont regroupés pour constituer un front unifié. Le da‘i al-mutlaq de la communauté sulaymanite – dont le nombre serait d’environ soixante-dix mille membres – est, depuis 1976, al-Sharafi al-Husayn; il réside en Arabie Saoudite.

En 1817/1232, l’imam nizarite Shah Khalil Allah était assassiné à Yezd, en Perse. Le souverain qadjar Fath ‘Ali Shah donne à son fils Hasan ‘Ali Shah une de ses filles en mariage et il lui octroie le titre honorifique de Aqa Khan ou Agha Khan (Grand Seigneur). En 1840, Hasan ‘Ali Shah essayait de prendre Kirman mais, vaincu, il devait se réfugier en Afghanistan, puis en Inde. C’est vers 1845 qu’il s’établit à Bombay : ce changement, qui se traduisit d’emblée par une augmentation des taxes, mécontenta une fraction de Khojas composée de marchands prospères. Mais le retentissant procès connu sous le nom de "Aga Khan Case" (1866) démontra que tous les Khojas étaient ismaéliens et qu’ils devaient de ce fait obéissance absolue à l’imam. Après le court imamat de ‘Ali Shah, Sultan Muhammad Shah devint imam en 1885. Bien qu’il fût seulement perçu en Occident comme un milliardaire amateur de femmes et de chevaux, il accomplit une œuvre réformatrice au sein de la communauté ismaélienne tout en menant une action politique auprès des musulmans indiens. En 1905, à Zanzibar, il octroya une première "Constitution" – c’est-à-dire un ensemble de règles et de prescriptions –, aux ismaéliens nizarites d’Afrique orientale avant de fonder l’année suivante à Bombay le premier Conseil shiite imamite ismaélien.

Son petit-fils lui succéda sous le nom de Shah Karim al-Husayni. En 1986, il a promulgué la première Constitution universelle de la communauté, dans laquelle il réaffirmait les principes de base de l’ismaélisme nizarite et où il poussait à un degré extrême la rationalisation de l’organisation communautaire. On peut estimer à environ deux millions le nombre de nizarites tout en sachant que ce chiffre n’est aucunement significatif par rapport au rôle qu’ils jouent dans plusieurs pays.


source

http://ismaili.net/mirrors/Ismaili_150/ismaili.html

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mbibany
 
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Messagede mbibany » Lun Oct 22, 2007 11:41

Les Fatimides


Instaurés par un Chiite Ismaélien nommé Ubayd Allah à Kairouan en 909, les Fatimides tiennent leur nom de Fatima, la fille du prophète Mohammad et femme d'Ali dont les Ismaéliens affirment descendre.

Lors d'un pélerinage à La Mecque en 892, un Ismaélien nommé Abu Abd Allah al-Shi'i rencontre des tribus berbères qu'il décide de suivre au Maghreb dans le but de les convertir. Chassé de Sétif il s'installe en Petite Kabylie (Algérie), alors sous domination des Aghlabides. Les forces nouvellement converties chassent les Aghlabides de Kairouan en 909, date à laquelle arrive dans cette ville, venant de Syrie, une autre Ismaélien nommé Sa'id : il est reconnu comme le Mahdi. Changeant de nom pour Ubayd Allah, il se présente comme le nouveau calife légitime, descendant de Ali et Fatima fondant ainsi une dysnatie qui gouvernera la Tunisie - Tripolitaine de 909 à 1041 et l'Egypte - Cyrénaïque de 969 à 1171.



Dynastie des Fatimides-

Les Fatimides, dynastie de califes shi'ites descendant de Fatima, fille du prophète Mahomet, règnent en Afrique du Nord (de 910 à 969), puis en Égypte (de 969 à 1171).

C'est une curieuse histoire que celle de ces monarques qui, portés au pouvoir par la propagande révolutionnaire des Karmates isma'iliens, consolident leur puissance par la plus intransigeante des dictatures, califienne ou vizirielle. Partis de la Tunisie, ils font reconnaître leur autorité dans le Maghreb entier et la Sicile, s'installent définitivement sur le territoire égyptien, conquièrent la Syrie, reçoivent l'hommage de La Mecque et de Médine, et vont jusqu'à Bagdad. Cent cinquante ans après, le dernier Fatimide était à peine obéi dans son propre palais. Durant ce temps, la Syrie devient un champ clos où les divers partis se livrent des luttes acharnées, surveillés par les Byzantins, qui parviennent un instant jusqu'à Baalbek et Tripoli, plus tard par les croisés, et enfin par les Saldjukides qui gouvernent Damas.

Sur le plan artistique, le règne des Fatimides fut une période brillante. L'originalité de leurs œuvres tient essentiellement à l'emploi de représentations figurées.

Établissement de la dynastie

Le centre de la propagande des Fatimides se trouva d'abord en Syrie du Nord, à Salamiyya, d'où des missionnaires éloquents et persuasifs parcoururent presque toutes les régions de l'Islam. L'un d'eux, particulièrement actif, Abu 'Abd Allah al-Shi'i, prêcha en Afrique du Nord, en s'appuyant sur une tribu berbère, les Kutama. Mais cette contrée était loin d'être pacifiée, et l'on trouvait toujours un groupe tribal prêt à organiser l'opposition contre le pouvoir établi. Ce fut le rôle des Zenata, soulevés par un agitateur surnommé l'" homme à l'âne ". La révolte s'étendit de telle façon que le calife fatimide fut réduit à la possession du port de Mahdiyya.

Il fallait donc émigrer pour réaliser une ambition de domination universelle. À la suite de quelques tentatives d'invasion infructueuses, les Fatimides s'emparèrent de l'Égypte en 969. En fait, leur autorité directe ne s'exerça guère au-delà du territoire égyptien ; les régions comprises entre Le Caire et Bagdad furent partagées en deux zones d'influence, dont les frontières variaient sans cesse. Bagdad était alors soumise aux pressions les plus diverses, et les Fatimides ne possédèrent jamais une armée assez puissante pour faire prévaloir leur politique. L'histoire de la Syrie est d'une extrême complexité : dans les villes, les troupes maghrébines des Fatimides se heurtent à la résistance des populations, et dans les campagnes, doivent se déplacer constamment de Damas à Alep, de Tyr à la Palestine. L'épidémie de rébellions est générale, mais anarchique et dépourvue de coordination. À la fin du XIe siècle, c'est l'irruption des croisés, à l'égard desquels les maîtres shi'ites de l'Égypte eurent une attitude ambiguë.

L'occupation de l'Égypte marquait une rupture absolue avec les anciennes traditions, et les nouveaux gouvernants pouvaient redouter les réactions d'une population dont l'attachement au sunnisme était bafoué, les liens avec le pontife de Bagdad brusquement rompus. Aussi les Fatimides édifièrent-ils, pour leur cour et leurs services administratifs et militaires, une nouvelle ville, Le Caire (969), située au nord et à une certaine distance des faubourgs de celle de leurs prédécesseurs, préfets envoyés de Mésopotamie. Cette cité fut entourée, cent ans plus tard, d'une solide muraille en pierre, dans laquelle s'ouvraient des portes monumentales : trois d'entre elles s'offrent encore à notre admiration. Les monuments fatimides les plus importants ont également subsisté, telles les mosquées al-Azhar et al-Akmar, celle de Salih Tala'i'. La mosquée du calife al-Hakim est aujourd'hui bien délabrée.

L'étude des objets d'art de cette période laisse supposer qu'ils sont pour la plupart l'œuvre des Coptes, les tissus certainement, les bois sculptés très probablement, et cette constatation est conforme aux données historiques. Tous les écrivains arabes, chrétiens comme musulmans, s'accordent à mettre en relief la faveur dont les chrétiens bénéficièrent sous le régime des Fatimides ; une grande ère de prospérité s'ouvrit alors pour les églises et les couvents coptes.

Une vie politique troublée

Une éclipse de cette tolérance envers la communauté chrétienne coïncide avec le règne du calife al-Hakim (996-1021) ; fanatique, celui-ci fit démolir l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Il se déclara dieu, et les auteurs musulmans rapportent que " tous les rêves que lui suggérait sa folie n'étaient susceptibles d'aucune interprétation raisonnable ". Les Druzes reconnaissent encore aujourd'hui sa divinité.

Ainsi, le calife al-Hakim avait gravement compromis d'heureuses perspectives. Une crise économique sans précédent s'abattit sur le pays pendant le règne d'al-Mustansir (1036-1094), le plus long de l'histoire du monde musulman. En outre, des luttes sanglantes entre les corps de la milice ébranlèrent le régime. La défense du pays avait été assurée par des mercenaires, successivement des Berbères, des Noirs, des Turcs, des Arméniens. À la cour, des rivalités mettaient aux prises les califes et leurs Premiers ministres, le pouvoir étant exercé tantôt par les uns, tantôt par les autres. Un tout-puissant vizir, Badr al-Djamali, inaugurant la période arménienne des Fatimides, remit de l'ordre dans l'empire ; on lui doit, outre les remparts de la capitale, une refonte des divisions administratives du pays. Pourtant le régime, miné par les complots des militaires et les jalousies des ministres, ne parvint pas à se redresser.

Les auteurs arabes ne se lassent pas de décrire le trésor des califes fatimides : pierreries d'une valeur inestimable, bijoux d'or et d'argent, innombrables récipients en cristal de roche, boîtes en bois précieux, armes, pièces de céramique, tissus somptueux en lin et en soie, beaucoup d'entre eux brochés d'or, tapis, enfin la plus belle bibliothèque qui existât à cette époque dans le monde musulman.

Les rares objets en cristal de roche parvenus jusqu'à nous, les étoffes, quelques animaux en bronze nous permettent d'imaginer l'opulence de ces fastueux souverains. On admire à juste titre les frises de bois provenant du palais royal du Caire, sur lesquelles sont sculptées des figures d'animaux, de personnages, isolés ou groupés en des scènes de musique, de danse, de beuverie ou de chasse. Les Fatimides ont été les inspirateurs d'un art qui, tout en suivant les vieilles traditions, créa des formes originales de décoration.

Le dernier acte politique se déroula dans le calme. Le prince zenguide d'Alep, Nur al-Din, fut amené à intervenir en Égypte et à y envoyer un contingent. Un jeune officier, Salah al-Din (Saladin), se risqua, un vendredi, à faire prononcer la harangue religieuse au nom du calife de Bagdad. Les écrivains arabes citent à cette occasion un vieux proverbe arabe : " Ce n'est pas pour cela que deux chèvres se battirent à coups de cornes. " Tel est l'acte de naissance de la dynastie ayyubide.

http://ismaili.net/mirrors/103_fatimides/i910a.htm

http://www.ismaili.net/histoire/main.html
Dernière édition par mbibany le Lun Oct 22, 2007 13:00, édité 1 fois.
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Messagede ithviriw » Mar Oct 23, 2007 13:14

Assalamou 'alaikoum;

La ville d’Alger fût fondée par le prince amazigh Bologhine Ibn Ziri entre 973-984. Elle fût construite sur l’ancienne Icosium, le territoire de la confédération des At Mezghena. Bologhine ibn Ziri est également le fondateur de la dynastie Amazigh Ziride régnant sur l’Afrique du Nord de 972 à 1152. A cette époque, tout le monde parlait tamazight à Alger. Certains endroits parlent encore cette langue vernaculaire tels que les toponymes Telemly (vient de Tala melal, fontaine blanche), Tamentefoust (vient de Tamenyefust, le rive droite), Bologguin (nom du prince ziride, fondateur d’Alger), etc...Kateb Yacin disait que « l’Algérie » devait s’appeler Mezghena.

On sait maintenant que ce sont les Kabyles (les Ketama) qui furent à l’origine de la création du 3ième Khalifat musulman : le Khalifat Fatimide. En effet, les Imazighen d’Afrique du Nord se sont alliés vers l’an 900 aux shiites Perses pour mettre fin à la tyrannie des Khalifes abbasside de Baghdad et Omeiyade de Damas. Ibn Khaldoun écrit "...Quand les Fatimides furent parvenus à établir leur domination en Ifrikia, Ziri (fils de Menad, gouverneur de Tamazgha sous l’autorité Abbasside) passa de leur cöté à cause des liens de clientèle qui attachaient sa famille à celle d’Ali Ibn Abi Taleb, et, dès lors, il se montra un de leurs partisans les plus dévoués...". Ziri devint chef des Sanhadja et bâtit la ville d’Achir sur le flanc de la montagne du Titeri. Il reçut le commandement de la ville d’Achir et de la province de Tahert. Ibn Khaldoun écrit :"...Quelques temps après, Ziri autorisa son fils Bologguin à fonder trois villes, l’une sur le bord de la mer et appelée Djazaïr-Beni-Mezghanna (les îles des enfants de Mezghanna), et l’autre sur la rive orientale du Chélif et appelée Miliana ; la troisième porta le nom de Lemdia (Médéa).

Bologguin fut investi par son père du gouvernement de ces trois places, qui sont encore aujourd’hui (à l’époque de Khaldun) les villes les plus importantes de Tamazgha centrale. Ziri perdit la vie en juillet 971 dans un combat qui opposait les Fatimides aux Maghraoua (des partisans des Oméïades d’Espagne). Son fils Bologguin lui succèda et réussit à assoir son autorité sur toute Tamazgha et à faire disparaître la domination des Oméïades.

Après avoir établi leur autorité sur toute l’Afrique du Nord, les Ketama s’emparent de la Sicile et conquirent l’Égypte pour établir leur capitale au Caire en 973. Ils laissent le gouvernement de Tamazgha (Afrique du Nord) à leur lieutenant Bologguin, fils de Ziri, fils de Menad. Bologguin mourut en mai 984 , à Ouarekcen, localité située entre Sidjilmessa et Tlemcen, pendant qu’il rentrait d’une longue expédition. En 1045, les Zirides rejetèrent l’autorité du Khalifat Fatimide et proclamèrent la souveraineté de Tamazgha avec un retour à l’orthodoxie sunnite. Gabriel Camps écrit "...Pour punir cette sécession, le Khalife fatimide "donna" Tamazgha aux tribus arabes, trop turbulentes, qui avaient été cantonnées dans le Saïs, à l’est du Nil, en Haute Egypte. Ces tribus, Djochem, Atbej, Zoghba, Riyah, Rebia et Adi, se rattachaient à un ancètre commun, Hilal, d’où le nom de l’invasion hilalienne ; les Beni Hilal, bientôt suivis des Beni Solaïm et des Beni Mâqil, pénètrent en Tamazgha vers 1051...". Ibn Khaldoun avait dépeint ces Arabes bédouins comme une armée de sauterelles détruisant tout sur son passage. En tout leur arrivée devait transformer radicalement le visage de Tamazgha et l’arabiser en grande partie.

C’est de cette époque du Khalifat Fatimide que nous vient la célébration, jusqu’à maintenant, de l’Achoura (taâchurt)d’un bout à l’autre de Tamazgha. Dans les pays shiites, le 10 Moharram commémore l’anniversaire de la bataille de Kerbala en l’an 60 de l’Hégire (680 de notre ère) au cours de laquelle tomba Sidna l-Hocein fils de Sidna Ali Abu Thaleb et petit-fils du Prophète. La veille est marquée par le jeûne des ascètes shiites et le jour de l’achoura est un jour de deuil pour la shiaâ. Ce dernier élement est de très loin celui qui contribue le le plus à donner à cette fête, dans les populations rurales de Tamazgha, un caractère de gravité, inchangé depuis les Fatimides. Qui sont les At Mezghena (Beni Mezghanna) ?

Le grand historien Ibn Khaldoun nous apprend que les At Mezghena, fondateurs d’Alger, appartiennent à la lignée Amazigh des Sanhadja de la première race qui, de temps immémorial, occupait la partie centrale de l’Afrique du Nord, depuis la Méditerranée jusqu’au Sahara. La tradition locale indique que les Imazighen placèrent leurs premières habitations précisément à l’endroit où s’élève aujourd’hui Jamaâ El Kébir, c’est-à-dire dans le quartier de la basse Casbah, sur les ruines de la cité romaine Icosium. El Bekri, géographe du 11e siècle, est le premier à nous avoir renseigné sur la ville et ses occupants. Bologhine Ibn Ziri

L’opinion est largement répandue auprès des historiens qui ne constestent pas cette " paternité " à Bologhine Ibn Ziri, ce prince Ziride, originaire de la tribu des At Mezghena, qui occupaient déjà les " ruines " du petit port " romain " Icosium. C’est dans la seconde moitié du Xe siècle que Bologhine réhabilite, pour les uns, fonde, pour les autres, la ville qui prendra le nom d’Alger. C’est donc ce prince amazigh qui, non seulement, redonnera vie à celle qui deviendra la capitale de l’Algérie contemporaine, mais perpétuera également une véritable dynastie,celle des Zirides, née avec son père. Une dynastie qui imposera sa puissance sur Tamazgha centrale pendant plus d’un siècle. Avec la création d’Alger, de Miliana et de Médéa, le renforcement des positions stratégiques de l’Etat Ziride à l’est, au sud et à l’ouest, ce sont véritablement les premiers jalons de l’Algérie moderne qui prennent énergies autour de lui, de constituer une armée et de fonder une puissance nord-africaine.

On sait que cette dimension amazigh de la capitale a été occulté par un pouvoir central d’idéologie arabo-islamiste depuis 1962. Poursuivant cette démystification, nous présentons ici trois grandes figures Kabyles d’Alger médiévale : Le Roi d’Alger (1520-1527) et les deux grands saints patrons d’Alger (1385 et 1770).

(Source : Mouloud Mameri, inna-yas Ccix muhend, Poemes Kabyles anciens).
ithviriw
 

كيف خد&

Messagede mbibany » Mer Oct 31, 2007 09:58



كيف خدع ابو عبد الله الشيعي البربر ؟


قال المقريزى في المواعظ والاعتبار في ذكر الخطب والآثار - الجزء الثالث ( 98 من 167 ) : " حارة كتامة هذه الحارة مجاورة لحارة الباطليّة وقد صارت الآن من جملتها‏.‏

كانت منازل كتامة بها عندما قدموا من المغرب مع القائد جوهر ثمّ مع العزيز وموضع هذه الحارة اليوم حمام كواي وما جاورها مما وراء مدرسة ابن الغنام حيث الموضع المعروف بدرب ابن الأعسر إلى رأس الباطلية وكانت كتامة هي أصل دولة الخلفاء الفاطميين‏.‏


أبي عبد الله الشيعي هو الحسن بن أحمد بن محمد بن زكريا الشيعي من أهل صنعاء اليمن ولي الحِسبة في بعض أعمال بغداد ثمّ سار إلى ابن حوشب باليمن وصار من كبار أصحابه وكان له علم وفهم وعنده دهاء ومكر فورد على ابن حوشب موت الحلوانيّ داعي المغرب ورفيقه فقال لأبي عبد الله الشيعي‏:‏ إنّ أرض كُتامة من بلاد المغرب قد خَربها الحلوانيّ وأبو سفيان وقد ماتا وليس لها غيرك فبادر فإنّها موطّأة ممهّدة لك‏.‏

فخرج من اليمن إلى مكّة وقد زوّده ابن حوشب بمال فسأل عن حجّاج كُتامة فأُرشد إليهم واجتمع بم وأخفى عنهم قصده وذلك أنه جلس قريبا منهم فسمعهم يتحدّثون بفضائل آل البيت فحدّثهم في ذلك وأطال ثمّ نهض ليقوم فسألوه أن يأذن لهم في زيارته فأذن لهم فصاروا يتردّدون إليه لما رأوا من علمه وعقله ثمّ إنهم سألوه أينّ يقصد فقال‏:‏ أُريد مصر فسرّوا بصحبته ورحلوا من مكّة وهو لا يخبرهم شيئًا من خبره وما هو عليه من القصد‏.‏

وشاهدوامنه عبادة وورعًا وتحرّجًا وزهادة فقويت رغبتهم فيه واشتملوا على محبّته واجتمعوا على اعتقاده وساروا بأسرهم خدمًا له‏.‏
وهو في أثناء ذلك يستخبرهم عن بلادهم ويَعلم أحوالهم ويفحص عن قبائلهم وكيف طاعتهم للسلطان بإفريقية فقالوا له‏:‏ ليس له علينا طاعة وبيننا وبينه عشرة أيان قال‏:‏ أفتحملون السلاح قالوا‏:‏ هو شغلنا‏.‏ وما برح حتّى عرف جميع ما هم عليه‏.‏

فلمّا وصلوا إلى مصر أخذ يودّعهم فشقّ عليهم فراقه وسألوه عن حاجته بمصر فقال‏:‏ ما لي بها من حاجة إلا أنّي أطلب التعليم بها‏.‏
قالوا‏:‏ فأمّا إذا كنتَ تقصد هذا فإنّ بلادنا أنفع لك وأطوع لأمرك ونحن أعرف بحقّك ومازالوا به حتّى أجابهم إلى المسير معهم فساروا به إلى أن قاربوا بلادهم وخرج لى لقائهم أصحابهم وكان عندهم حسّ كبير من التشيّع واعتقاد عظيم في محبّة أهل البيت كما قرّره الحلوانيّ فعرّفهم القوم خبر أبي عبد الله فقاموا بحقّ تعظيمه وإجلاله ورغبوا في نزوله عندهم واقترعوا فيمن يضيفه ثمّ ارتحلوا إلى أرض كُتامة فوصلوا إليها منتصف الربيع الأوّل سنة ثمان وثمانين ومائتين فما منهم إلا منْ سأله أن يكون منزله عنده فلم يوافق أحدًا منهم وقال‏:‏ أين يكون فجّ الأخيار فعجبوا من ذلك ولم يكونوا قطّ ذكروه له منذ صحبوه فدلّوه عليه فقصده وقال‏:‏ إذا حللنا به صرنا نأتي كلّ قوم منكم في ديارهم ونزورهم في بيوتهم فرضوا جميعًا بذلك‏.‏


وسار إلى جيل يلحان وفيه فج الأخيار فقال هذا فج الأخيار وما سمّي إلا بكم ولقد جاء في الآثار للمهديّ هجرة ينبو بها عن الأوطان ينصره فيها الأخيار من أهل ذلك الزمان قوم اسمهم مشتقّ من الكتمان ولخروجكم في هذا الفجّ سمّي فجّ الأخير فتسامعت به القبائل وأتته البربر من كلّ مكان وعظم أمره حتى أنّ كتامة اقتتلت عليه مع قبائل البربر وهو لا يذكر اسم المهدي ولا يعرّج عليه فبلغ خبره إبراهيم بن الأغلب أمير إفريقية فقال أبو عبد الله لكتامة‏:‏ أنا صاحب النذر الذي قال لكم أبو سفيان والحلوانيّ فازداد محبّتهم له وعظم أمره فيهم وأتته القبائل من كلّ مكان وسار إلى مدينة تاصروق ومع الخيل وصيّر أمرها للحسن بن هارون كبير كتامة وخرج للحرب فظفر وغنم وعمل على تاصروق خندقًا فرجعت إليه قبائل من البربر وحاربوه فظفر بهم وصارت إليه أموالهم ووالى الغزو فيهم حتّى استقام له أمرهم فسار وأخذ مدائن عدّة فبعض إليه ابن الأغلب بعساكر كانت له معهم حروب عظيمة وخطوب عديدة وأنباء كثيرة آلت إلى غلب أبي عبد الله وانتشار أصحابه من كتامة في البلاد فصارو يقول‏:‏ المهديّ يخرج في هذا الأيام ويملك الأرض فيا طوبى لمن هاجر إليَّ وأطاعني‏.‏

وأخذ يغري الناس بابن الأغلب ويذكر كرامات المهدي وما يفتح الله له ويعدهم بأنّهم يملكون الأرض كلّها‏.‏

وسير إلى عبيد الله بن محمد رجالًا من كتامة ليخبروه بما فتح الله له وأنه ينتظره فوافوا عبيد الله بسليمة من أرض حمص وكان قد اشتهر بها وطلبه الخليفة المكتفي ففرّ منه بابنه أبي القاسم وسار إلى مصر وكان لهما قصص مع النوشزي عامل مصر حتّى خلصا منه ولحاق ببلاد المغرب‏.‏


وبلغ ابنَ الأغلب زيادة الله خبرُه مسير عبيد الله فأزكى له العيون وأقام له الأعوان حتّى قبض عليه بسلجماسة وكان عليها اليسع بن مدرار وحبس بها هو وابنه أبو القاسم‏.‏

وبلغ ذلك أبا عبد الله وقد عظم أمره فسار وضايق زيادة الله بن الأغلب وأخذ مدائنه شيئًا بعد شيء وصار فيما ينيف على مائتي ألف وألحّ على القيروان حتّى فرّ زيادة الله إلى مصر وملكها أبو عبد الله ثم سار إلى رفادة فدخلها أوّل رجب سنة ست وتسعين ومائتين وفرّق الدُور على كتامة وبعث العمال إلى البلاد وجمع الموال ولم يخطب باسم أحد‏.‏

فملا دخل شهر رمضان سار من رفّادة فاهتزّ لرحيله المغرب بأسره وخافته زَناتة وغيرها وبعثوا إليه بطاعتهم وسار إلى سَلجماسة ففرّ منه اليسع بن مدرار واليها ودخل البلد فأخرج عبيد الله وابنه من السجن وقال‏:‏ هذا المهديّ الذي كنت أدعوكم إليه‏.‏

وأركبه هو وابنه ومشى بسائر رؤساء القبائل بين أيديهما وهو يقول‏:‏ هذا مولاكم ويبكي من شدّة الفرح حتة وصل إلى فسطاط ضُرب له فأنزل فيه وبعض في طلب اليسع فأدركه وحمل إليه فضربه بالسياط وقتله ثمّ سار المهدي إلى رفادة فصار بها في آخر ربيع الآخر سنة سبع وتسعين ومائتين‏.‏

ولما تمكّن قتل أبا عبد الله وأخاه في يوم الاثنين للنصف من جمادى الآخرة سنة ثمان وتسعين ومائتين فكان هذا ابتداء أمر الخلفاء الفاطميين وما زالت كتامة هي أهل الدولة مدّة خلافة المهدي عبيد الله وخلافة ابنه القاسم القائم بأمر الله وخلافة المنصور بنصر الله إسماعيل بن القاسم وخلافة معدّ المعز لدين الله ابن المنصور وبهم أخذ ديار مصر لما سيّرهم إليها مع القائد جوهر في سنة ثمان وخمسين وثلثمائة وهم أيضًا كانوا أكابر من قدم معه من الغرب في سنة اثنين وستّين وثلثمائة‏.‏

فلما كان في أيّام ولده العزيز بالله نزار اصطنع الدّيلم والأتراك وقدّمهم وجعلهم خاصّته فتناسوا وصار بينهم وبين كتامة تحاسد إلى أن مات العزيز بالله وقام من بعده أبو عليّ المنصور الملقّب بالحاكم بأمر الله فقدّم ابن عمار الكتامي وولاّه الوساطة وهي في معنى رتبة الوزارة فاستبدّ بأمور الدولة وقدّم كتامة وأعطاهم وحطّ من الغلمان الأتراك والديلم الذين اصطنعهم العزيز فاجتمعوا إلى برجوان وكان صقلبيًا وقد تاقت نفسه إلى الولاية فأغرى المصطنعة بابن عمّار حتّى وضعوا منه واعتزل عن الأمر وتقلّد برجوان الوساطة فاستخدم الغلمان المصطنعين في القصر وزاد في عطاياهم وقوّاهم ثمّ قتل الحاكم ابن عمّار وكثيرًا من رجال دولة أبيه وجدّه فضعفت كتامة وقويت الغلمان‏.‏



فلما مات الحاكم وقام من بعده ابنه الظاهر لإعزاز دين الله علي أكثر من اللهو ومال إلى الأتراك والمشارقة فانحطّ جانب كتامة ومازال ينقص قدرهم ويتلاشى أمرهم حتّى ملك المستنصر بعد أبيه فاستكثرت أمّه من العبيد حتّى يقال إنهم بلغوا نحوًا من خمسين ألف أسود واستكثر هو من الأتراك وتنافس كلّ منهما مع الآخر فكانت الحرب التي آلت إلى خراب مصر وزوال بهجتها إلى أن قدم أمير الجيوش بدر الجمالي من عكّا وقتل رجال الدولة وأقام له جندًا وعسكرًا من الأرمن فصار من حينئذٍ معظم الجيش الأرمن وذهبت كتامة وصاروا من جملة الرعيّة بعدما كانوا وجوه الدولة وأكابر أهلها‏.‏
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La vengence des fatimides

Messagede mbibany » Ven Nov 02, 2007 08:50

Les Hilaliens ou Banu Hilal ou Beni Hilal étaient les membres d'une tribu arabe qui émigra vers l'Afrique du Nord au XIe s. Ils ont été utilisés par les Fatimides pour réprimer les berbères Zirides qui avaient abandonné le chiisme. Les Fatimides, du même coup, débarassaient leur territoire de haute Égypte d'une tribu particulièrement difficile à contrôler. Les Zirides furent vaincus rapidement et leurs voisins Hammadides furent très affaiblis.

Les invasions Hilaliennes furent un facteur important dans l'arabisation de l'Afrique du Nord, et dans la destruction des villes et de la civilisation agricole au profit du nomadisme


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Les Banu Hilal sont une tribu arabe du clan « Mu’id Bani Ismâ’Îl ». Dans la période préislamique ils étaient des idolâtres, ils servaient l’idole « Xal’a » dans le « Tibala » au Yémen. Ils ont habité « Nadjd », et furent connus pour leur éloquence la pureté de la langue arabe. Ils étaient des « Qaysites ».

Les Banu Hilal, dans la période préislamique ont combattue les « Azades », une tribu arabe se ramifiant en (04) quatre branches :

1)- Les « Azades d’Oman ».

2)- Les « Azades de As-sarrà au Yémen ».

3)- Les « Azades de Chanou’a également au Yémen ».

4)- Les « Azades de Ghassane ».

Les Banu Hilal se sont également alliés au « Hawazines » dans la bataille de « El -Foudjar ».Ils se sont attaqués à la Mecque après son islamisation et sa pacification par le prophète vers 630. Et ensuite se sont emparés de l’Egypte et s’y sont installés au « Sa’id » vers le VIIIème siècle.

Au Maghreb, exactement le 15 janvier 910, Obeid-Allah pris le titre de « Mahdi » et de commandeur des croyants, reprenant le thème chiite :

Celui de Maître de l’Heure (Mahdi El-Waqt). Il fonda au sud de Monastir sa capital : Mahdia et une dynastie, les Fatimides.

Mais, comme à l’accoutumée, cet ensemble, trop vaste pour rester sous une même autorité, se rompit et une partie du Maroc passa aux Omeyyades.

Les Fatimides avaient, au cours de leurs règne, amener en Egypte et en Afrique du Nord au moins un certaine prospérité née de la paix. Les princes s’étaient entourés du luxe des cours persanes ; il n’en fallait pas plus pour attiser la volonté des Berbères de retourner à un Islam fait d’austérité et de guerre.

A la mort d’Obeid-Allah, l’action d’Abou Yazid – un kharidjite intransigeant – se développa. Il allait, sur son âne gris, par le Maghreb Central, exhortant les Berbères à chasser les Fatimides dont il dénonçait la corruption, pour les remplacer par un gouvernement élu par la communauté des fidèles. Avec un tel programme, il ne pouvait manquer d’être suivi par les paysans Berbères. Sa doctrine, comme toutes les autres du même genre, eut dans l’Aurès un succès foudroyant.

Les bandes d’Abou Yazid se montrèrent impitoyables pour les citadins et les propriétaires, essayant de soulever les nomades pour les entraîner à l’assaut des villes. Abou Yazid fut fait prisonnier après son échec devant Sousse, et mourut dans les tortures en août 947.

Les Fatimides ne laissèrent plus qu’un de leurs lieutenants, Ziri, qui fonda sa propre dynastie, les Zirides se rebellant au XIème siècle contre les Fatimides en affirmant son retour à l’orthodoxie contre le chiisme officiel.

Jusqu’en 1602, les Zirides eurent à contenir la poussée de nomades et donnèrent à l’Algérie son cadre citadin moderne, fondant et développant trois villes : Alger, Miliana et Médéa.

Le Khalife du Caire voulut se venger. Il disposait, dans les steppes de la Haute-Egypte, d’une arme terrible, les tribus nomades des Beni Hilal qui y étaient contenues, il les lança sur l’Ifriqiya, ou ils éliminèrent la dynastie Berbère en Tunisie entre 1050 – 1057 en leur envoyant 200.000 nomades de Haute-Egypte.

Jusqu’au milieu du XIème siècle, la Tunisie a connu la prospérité en même temps qu’une large autonomie qui à conduit l’émir Ziride à rompre avec son suzerain fatimide ; celui-ci, en représailles, lâcha sur l’Ifriqiya la tribu des Hilaliens (1051-1052) : ou c’est considéré comme la seconde invasion arabe importante, qui a modifier les structures et l’économie de l’Ifriqiya ; en effet les tribus hilaliennes dévastèrent le sud et le centre du pays, pillèrent les ville, détruisirent les installations hydrauliques : des régions jusqu’alors fertiles, parce qu’irriguées, retournèrent à la steppe ou au désert, les populations sédentaires des plaines cherchèrent refuge dans les zones montagneuses ou dans les villes fortifiées.
Les Hilaliens saccagèrent d’abord Kairouan. Ibn Khaldoun dit qu’elles étaient « semblables à une armée de sauterelles ravageant tout sur leur passage. ».

Les Hamadites, bien que fidèles à la dynastie fatimide, durent se replier sur Bejaia, où ils établirent leur capital. Par la suite, les nomades cessèrent d’avancer pour s’infiltrer entre les tribus berbères ; ils forment aujourd’hui encore, au sein même de la Grande Kabylie, des îlots importants, comme les Beni Slym près de Dellys ; les Beni Hosain dans la région de Zekri-Rouma et d’autres groupes qui ont pratiquement éliminé les Berbères d’Azeffoun à la Tunisie, le long de la mer.

Même la dynastie des Almohades à dû souvent faire face à de nombreuses révoltes des Arabes hilaliens.

Les Banu Hilal triomphent sans peine des Zirides, envahissent le Maghreb oriental puis le Maghreb central, refoulent les paysans sédentaires vers les massifs montagneux ou vers les villes qui s’isolent, se renforcent et deviennent indépendantes. Cette vague arabe à été suivie par d’autres, et cette invasion à contribué à accentuer l’arabisation de l’Afrique du Nord, à transformer les conditions de la vie économique ; mais finalement un équilibre s’est établi entre Arabes et Berbères, entre nomades, paysans et citadins ; une autre conséquence à été de faire prendre conscience aux Maghrébins de l’importance de la côte et de l’activité marchande maritime, y compris la piraterie.

Quand les Hilaliens et les Banu Sulaym ont poussé jusqu’à la Tunisie et au Maroc, au début du XIème siècle, et qu’ils s’y sont débattus pendant 350 ans, ils finirent par s’y fixer et les plaines en on été dévastées. Sauf en Libye ou il fallut la grande invasion des tribus nomades de Haute-Egypte, les Banu Hilal, pour rendre vie au pays, au milieu du XIème siècle : ils s’y installèrent à demeure et c’est de cette époque seulement que datent l’arabisation et l’islamisation, à dire vrai la fondation de la nation libyenne moderne.

Les historiens modernes, reprenant une idée peut-être pour la première fois par Ibn Khaldoun, attribuent souvent le déclin du mode de vie sédentaire du Maghreb à l’arrivée de certaines tribus arabes, en particulier celle des Banu Hilal au XIème siècle. Ils estiment que leurs incursions et déprédations ont profondément affecté toute l’histoire ultérieure de la région, détruisant les gouvernements forts qui étaient les gérants de la vie sédentaire, arrachant la terre à l’agriculture pour la vouer à l’élevage, noyant enfin la population indigène dans une mer de nouveaux immigrants arabes. Mais la recherche récente a montré que les choses n’ont pas été aussi simples.

Des éléments des Banu Hilal sont effectivement entrés en Tunisie, en provenance d’Egypte, au cours de la première moitié du XIème siècle, dans le cadre des tentatives de la dynastie fatimides d’Egypte pour affaiblir la puissance des souverains locaux de Kairouan, les Zirides, ex-vassaux des Fatimides qui avaient rejeté leur suzeraineté. Mais les Zirides étaient déjà sur le déclin, car le commerce de Kairouan périclitait, et leur Etat étant en voie de se désintégrer en principautés plus petites contrées sur des villes de provinces. C’est peut-être l’affaiblissement de l’autorité et la baisse de l’activité commerciale, donc de la demande, qui rendit possible l’expansion des éleveurs. Il est incontestable qu’elle provoqua désordres et destructions, mais il n’apparaît pas, de plus, que le nombre des Banu Hilal ait été tel qu’ils aient pu remplacer la population berbère par des Arabes. Ce qui s’est réellement passé à partir de cette époque, c’est une expansion de la langue arabe et l’idée d’un lien entre les populations rurales du Maghreb et celles de la péninsule arabique l’a accompagnée, mais elle reflétait moins une invasion massive des tribus arabes que l’assimilation des Berbères.

Les Banu Hilal montre comment un nom pieusement conservé dans la littérature populaire à pu persister et donner une certaine unité à des groupes d’origines différentes, tant arabes que berbères.

La geste hilalienne, patrimoine de toute l’Afrique du Nord, s’inspirant de la migration des Banu Hilal, au XIème siècle, depuis l’Egypte jusqu’à Kairouan.

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En 1009 (Hégire 400), le calife Al-Hakim ''le dernier imam chez les fatimides '' ordonnera la destruction de l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Al- Hakim disparaîtra le 13 février 1021, lors d'une promenade nocturne sur le mont MuQattam (au caire), après s'être éloigné de deux écuyers auxquels il avait donné l'ordre de l'attendre. Cinq jours après on retrouva ses vêtements lacérés de coups de poignards. Il aurait été assassiné à l'instigation de sa sœur Sittt al-Mulk qui craignait que ses extravagances mettent en péril la dynastie ; ou assassiné par un inconnu ; ou réfugié dans un couvent pour y finir ses jours...

Les Druzes, qui de nos jours subsistent au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Palestine, croient à une occultation (ghayba). Pour eux, al-Hakim est le '' AL-Mahdî ''dont on attend le retour.

À partir de 1060, le territoire des Fatimides se réduisit jusqu'à ne plus comprendre que l'Égypte. À la mort du dernier calife fatimide Al- 'Adhîd, le 13 septembre 1171, Salah Edine AL Ayyubi ''Saladin'' annexera le califat à celui de Bagdad, le rendant ainsi au sunnisme.
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