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إصدار جديد للتجاني بولعوالي: الإسلام والأمازيغية نحو فهم وسطي للقضية الأمازيغية

هذا الكتاب يسلط الضوء على إحدى أهم القضايا التي تعتمل في المشهد الثقافي والسياسي المغربي، وهي القضية الأمازيغية بخلفياتها التاريخية والسياسية الشائكة وتموجاتها الفكرية والأيدولوجية الساخنة...





Sur l’oasis de Siwa

Par Madjid Allaoua (*)

Jusqu’où s’étendait le pays des Berbères ? Lorsque les armées musulmanes atteignirent l’Egypte qu’elles conquirent rapidement, elles ne pouvaient s’empêcher de porter leurs regards conquéreurs au pays du couchant qui s’étendait loin devant elles. Sans doute ignorait-on que dans ce désert même qu’ont parcourait, habitait depuis au moins un millénaire une population qui aurait pu donner aux Arabes une idée de cet Occident dont la conquête leur exigeait toute la prudence. En effet, à 300 Km environ dans le désert ouest de l’Egypte, au sud ouest de la ville portuaire Marsa al-Matruh et seulement a 25 Km environ de la frontière libyenne, s’étendait une belle oasis, celle de Siwa, peuplée aujourd’hui encore de Berbères. Cette oasis, loin de constituer un îlot perdu dans le désert, est reliée à de grandes villes par d’importantes routes qui ont probablement été utilisées depuis des temps très reculés. Parmi ces routes on peut mentionner celle qui mène à Marsa al-Matruh, celle qui mène vers le sud en se ramifiant à Qara, celle qui mène à Alexandrie en passant par Foukah et enfin celle qui mène a Wadi Natrun en passant par Mogarra. Les deux dernières routes mentionnées ont probablement été empruntées par Alexandre le Grand dans son chemin pour rendre visite à l’Oracle d’Ammon a Siwa. Avant l’introduction du chameau dans l’oasis, l’âne était le moyen de locomotion le plus ordinaire. La voiture à moteur a désormais pris le relais, ce qui a grandement soulagé la circulation des gens.

En 1979, il y aurait, selon une estimation faite par les autorités locales, 7 500 habitants à Siwa. La grande partie de la population est concentrée à l’intérieur et autour d’une ville portant le nom de l’oasis, Siwa. D’autres habitent dans de petits villages comme al-Maraqi, Aghurmi, Abu-Shuruf et enfin al-Zaytun quoi que de date récente. Il existe à Siwa un grand nombre de points d’eau. Dans un lointain passé, il existerait plus de 1 000 sources dont pourtant seulement 281 sont identifiées. Le gouvernement égyptien avait supplée le nombre de sources existantes par la construction d’un bon nombre de puits qui vont constituer une base indispensable d’irrigation. On cultive à Siwa des figues et des raisins, mais les olives et les dates d’espèces variées constituent la source de revenu la plus importante. Elles entrent dans un système commercial très stable, ce qui permet aux gens de Siwa de se procurer des produits comme les radios, les télévisions et, à un moindre degré, les voitures.

Les animaux domestiques jouent un rôle relativement peu important dans la vie quotidienne des gens de Siwa. On y trouve bétail, moutons, chèvres et ânes. Les chameaux ne sont pas entretenus à l’intérieur de l’oasis. La température est très haute en saison d’été, à fortiori dans la ville ou les constructions sont très serrées. Seuls les épais murs des habitations, qui empêchent la chaleur de s’infiltrer à l’intérieur, permettent de maintenir un soupçon défricheur. De temps à autre des averses peuvent avoir lieu. On ne sait pas vraiment d’ou provient le nom de Siwa et ce qu’il signifie. Les Arabes au Moyen Age désignaient l’oasis par le nom de Santariyah et les gens de cette île par le nom de Siwiyah. Le nom Santariyah a disparu, tandis qu’a demeuré Siwiyah qui a fini sous le nom de Siwah ou Siwa tout court pour désigner l’oasis elle-même.

La célébrité de Siwa est particulièrement due à son antique ville, l’actuelle Aghurmi, ou siège le temple du dieu Ammon, et la ville de Siwa, construite en l’an 1203 dont le prestige durera jusqu’au début de notre siècle. Selon Kuhlmann, le clergé d’Ammon, alors en Egypte, aurait sous la 18e Dynastie essayé de répandre le culte d’Ammon à Siwa. Kuhlmann suggère que l’oasis de Siwa serait officiellement sous la domination égyptienne déjà sous le règne de Ramsès II. A cette époque les Egyptiens n’étaient certainement intéressés à contrôler l’oasis ni militairement ni politiquement. Ils auraient simplement tenté de répandre le culte d’Ammon, comme ils l’avaient fait en regard d’autres oasis sises non loin de la vallée du Nil. Ceci n’est évidemment qu’une hypothèse, basée sur des données très fragiles. En somme, les seuls témoignages vrais de la présence des Egyptiens dans l’oasis remontent au VI-VIIe siècle avant J.-C. L’existence du culte d’Ammon avant cette date s’explique par le fait qu’ou bien les Egyptiens l’avaient introduit, ou bien qu’un dieu local aurait été tout simplement identifié au dieu Ammon. Deux temples ont néanmoins été érigés pour le culte et l’adoration du dieu. Un Oracle siégeait dans l’un d’eux, et l’on venait y puiser connaissance et sagesse.

Plusieurs personnages du monde antique auraient visité Siwa dans le seul but de consulter l’Oracle. Parmi eux, on peut mentionner Alexandre le Grand et le roi Kreusus de Lydie. Et on sait, à travers la littérature mystique, que Platon et Pythagore avaient été en Egypte à la recherche du savoir. Ce n’est pas exclu que ces deux grands philosophes n’aient pas rendu visite à l’Oracle de Siwa. Lorsque les Egyptiens vinrent pour la première fois à Siwa, ils se heurtèrent probablement à une population d’origine libyque, ancêtre des Berbères actuels, et c’est effectivement une population berbère qui habite aujourd’hui encore à Siwa. Il est en somme difficile de faire la part de vérité sur l’origine des gens de Siwa. Des suggestions ont été avancées par Fakhry et Julien qui les font venir des Lybiens. Le premier avance qu’après une longue immigration, les Libyens ont fini par s’établir au Delta. Menacés par leur grand nombre, ils auraient été repoussés par les Egyptiens vers le sud, ou une partie se serait établie définitivement à Siwa. Le second par contre suggère qu’une population libyenne, après une invasion massive des Lybiens de l’Egypte et la fondation de la 22e Dynastie libyenne, se serait établie à Siwa.

Par ailleurs, rien ne prouve réellement que la population de Siwa viendrait d’ailleurs. L’oasis a certainement aimanté les habitants du désert en raison de sa richesse en eau et autres ressources vitales. Si le Sahara était une terre d’origine de certaines populations berbères, ce qui est fort probable, la partie qui comprend Siwa peut fort bien être le berceau des ancêtres des gens actuels de Siwa. Les inscriptions faites sur les monuments antiques et qui ont survécu jusqu’ à nos jours sont cependant en hiéroglyphes égyptiennes. Aussi est-il difficile de suggérer quoi que ce soit de concret sur la langue véhiculaire des habitants de Siwa dans les temps anciens. Une chose possible est que l’égyptien était la langue quotidienne des gens. Cette situation a été en fait celle des Berbères au long de toute leur histoire. Aujourd’hui encore, le berbère demeure une langue de seconde importance pour ne pas dire marginalisée par les institutions officielles.

L’oasis de Siwa a, jusqu’en l’an 1820, gardé ne certaine indépendance. A mon sens, c’est particulièrement sous la domination romaine que l’égyptien ancien aurait perdu son prestige au profit du berbère qui était et reste la langue maternelle des gens de Siwa.

Il ne semble pas que le christianisme ait véritablement influencé Siwa. La seule trace de l’existence de cette religion dans Siwa est les ruines du monument Bilad-er-Rum (le pays des romains), que le Manuscrit de Siwa prétend avoir été une église. Il n’y a cependant aucun doute que la tradition qui a le plus marqué l’oasis de Siwa est bien la radiation arabo-musulmane, ce qui est également le cas dans le reste du Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. L’islam a prévalu sur le dieu Ammon et est aujourd’hui la religion des habitants de Siwa. Les deux anciennes villes, si prestigieuses – Aghurmi avec ses deux importants temples d’Ammon et d’Umm Ubayda – ont désormais perdu leur prestige d’antan et ne compte aujourd’hui que quelques centaines d’habitants. Les habitants de Siwa furent souvent au Moyen Age l’objet d’attaques extérieures aussi bien de la part des bédouins berbères qu’arabes. Les habitants de l’ancienne ville d’Aghurmi auraient, selon le fameux Manuscrit de Siwa, quitté la ville pour se construire en l’an 1203, non loin de la ville fortifiée, appelée Shali, l’actuelle ville de Siwa.

I. LA VILLE DE SIWA
La ville de Siwa a joué un rôle important dans l’histoire des gens de l’oasis. Elle fut une ville sacrée pour les habitants et demeure aujourd’hui la « capitale » de l’oasis. La vieille ville est encore entourée de son rempart, dotée de quatre portes, conçues dans le but de parer à toute attaque extérieure. La ville de Siwa est caractérisée par des constructions très serrées et est parcourue par un réseau complexe de rues et ruelles étroites. Autrefois les étrangers n’avaient accès à la ville que dans un cadre commercial. A cette époque, la ville était tellement compacte que ses dirigeants interdisaient aux gens de construire davantage à l’intérieur de ses murs, probablement pour ne pas rendre les rues plus étroites encore. Apres une hausse de la population, les gens devaient construire des étages supplémentaires pour ainsi loger tout le monde à l’intérieur de la ville. Les maisons finirent ainsi par devenir si hautes que la lumière ne parvint jamais à s’infiltrer dans la ville qui devenait de plus en plus surpeuplée.

II. LES TRADITIONS
L’élément le plus intéressant dans les traditions de Siwa est un groupe particulier de travailleurs, appelés Zaggalah. Ces gens constituaient jusqu’ à une date récente la force de travail la plus importante à Siwa. Ils étaient recrutés par les riches parmi les jeunes de Siwa pour travailler pour un laps de temps déterminé, en principe de l’age de 20 ans à 40 ans environ. Ils devaient demeurer célibataires bien au-delà du mariage et avoir leurs habitations hors des murs de la ville pour éviter tout contact douteux avec les femmes. Ils habitaient soit dans les jardins, soit dans des grottes aux alentours de la ville. Ils pouvaient évidemment fréquenter la ville le jour. Mais aussitôt que le soleil se couchait, devaient-ils quitter la ville. Ils travaillaient dans les jardins et participaient à la défense de la ville.

Ce ne sont pas seulement les Zaggalah qui étaient frappés d’interdiction d’habiter à l’intérieur de la ville. Cela concernait en fait tout homme majeur non marié, les veufs et les divorcés. En somme, seul le mariage donnait le droit d’aménager à l’intérieur de la ville. Depuis les années 70, tout a changé. Le système des Zaggalah s’est transformé petit à petit en travail salarié, effectué par des paysans venus d’Egypte. Les jeunes de Siwa travaillent aujourd’hui principalement dans le transport et le commerce ou vont tout simplement entreprendre des études supérieures à Al-Matruh. Quelques-uns, enfin, travaillent dans l’agriculture comme travailleurs salariés ou en privé comme paysans indépendants.

Comme partout ailleurs chez les Berbères, l’organisation de la société de Siwa reposait sur une structure binaire représentée par deux groupes auxquels président des Cheikhs. Les conflits qui opposaient les deux groupes étaient de l’ordre du quotidien et pouvaient parfois finir en guerre, si les Cheikhs faillaient dans leur tentative de les apaiser. Cependant, en dépit de ces conflits, les gens de Siwa étaient toujours prêts à s’unir contre l’étranger malveillant. C’est seulement jusqu’au début de ce siècle, par l’établissement d’une secte religieuse, l’ordre Sahnusi, que les conflits qui sévissaient à Siwa prirent fin. Plus tard, un nouvel ordre, al-Madaniyah, fut établi et vint renforcer le premier dans la tentative d’établir définitivement la paix et la solidarité entre les deux clans. Les gens de Siwa sont souvent décrits comme étant des gens superstitieux. On raconte qu’ils sont douteux en regard des étrangers qui sont susceptibles d’apporter malheur à l’oasis. Lorsque, par exemple, un étranger affiche un intérêt quelconque, les gens en deviennent très vite douteux. La superstition aurait laissé des traces profondes chez les habitants de l’oasis. Ils croient fermement au mauvais oeil qui devait entre autres motiver leur doute envers les étrangers. La croyance au mauvais oeil demeure cependant un phénomène commun pour tous les groupes berbères. Les Kabyles dans la tradition mettent le mauvais oeil en rapport avec les vieilles femmes. Aussi les enfants doivent être mis hors de leur champ de vision.

III. LA FEMME A SIWA
La femme de Siwa, jeune fille ou mariée, reste au foyer. Elle se voile toujours à la vue d’un étranger.

Fakhry raconte qu’autrefois elle n’avait pas le droit de circuler librement hors des murs de la ville. Bien que les choses aient bel et bien changé aujourd’hui, il est rare de voir une femme se prendre un travail salarié. Dans la tradition, la femme donne beaucoup d’importance à la parure. Elle se pare de bijoux et porte des habits avec des couleurs très fortes. A l’occasion d’un mariage, elle se vêtit de 7 robes, avec chacune sa propre couleur ; elle se fait des coiffures très complexes avec d’innombrables tresses très fines. Comme sa semblable dans le reste de l’Afrique du Nord, elle se teint pour l’occasion les mains et les pieds de henné et enduit ses yeux de khôl.

IV. LA LANGUE DES GENS DE SIWA
Comme déjà mentionné, la langue des gens de Siwa est le berbère, ou plus exactement un dialecte berbère. Il est très différent des autres dialectes du nord du Maghreb. Si l’on doit le rapprocher de quelques dialectes, ce serait plutôt ceux du sud. La société et la culture de Siwa diffèrent sur bien des points des autres oasis du désert de l’ouest de l’Egypte. Mais ce qui caractérise davantage les gens de Siwa, c’est bien leur langue. Siwa est en somme la seule oasis qui a comme langue maternelle une autre langue que l’arabe, le berbère. Le dialecte de Siwa est très imprégné d’arabe égyptien. Il est très peu étudié et reste probablement le dialecte qui a gardé le moins de traits archaïques.

Les Berbères, aussi différents soient-ils les uns des autres, ont de tout temps été conscients de leur identité particulière que les autorités officielles leurs ont toujours nié. Aujourd’hui encore, un bon nombre de Berbères, particulièrement les personnes âgées, sont unilingues et n’ont par conséquent d’autres moyens pour communiquer avec le reste du monde que leur propre langue : le berbère. Les sciences cognitives montrent et montreront que la pensée n’a d’autres moyens de s’exprimer et d’évoluer que par la parole. Lorsqu’on s’évertue à étouffer une langue sous prétexte de sa petite représentativité et pour des raisons idéologiques et nationales, aussi sincères puissent-elles être d’ailleurs, on ne fait qu’accumuler des problèmes qui tôt ou tard viendront à exploser. Que de peoples ont du souffrir dans le silence de leur amertume au nom d’« unités nationales » ! A qui la faute ? Aux dirigeants politiques dont l’objectif a hélas souvent été de donner de leur pays l’image d’une nation, un peuple, une langue et une religion. Quelle erreur hélas ! Tôt ou tard, l’homme droit pourtant comprendre qu’une nation ne peut prospérer que dans le respect de ses moindres composantes aussi diverses soient-elles.

MADJID ALLAOUA(*)
ETUDES ET DOCUMENTS BERBERES ANNEE 1998 Nº 15-16


REFERENCES:
FAKHRY A., The Oasis of Egypt I – Siwa Oasis, Cairo, 1973.
JOMARD M., A l’Oasis de Syouah, Paris, 1823.
JULIEN A.,Histoire de l’Afrique du Nord (des origines à la conquête), Paris, 1966.
KUHLMANN K.P., Das Ammonion, Mainz am Rhiin, 1988.
LAOUST A., Siwa, Paris, 1932.
WALKERM W.S., The Siwi Language, London, 1921.
10/01/2017: Invitation à partager avec nous le couscous traditionnel de Yennayer 2017 (2967), samedi 21 janvier 2017 de 17h à 21h.

30/05/2016: 10e Edition de Timechret au Québec, samedi 04 juin 2016, de 14h à 17h.

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