Mosaïques romano-africaines. Culture et nature à Cherchel

Cherchell.

Modérateur: mbibany

Mosaïques romano-africaines. Culture et nature à Cherchel

Messagede mbibany » Ven Mai 12, 2006 09:44

Beaux livres :


«Mosaïques romano-africaines. Culture et nature à Cherchel»



de Mme Sabah Ferdi-(Professeur, archéologue, chercheur)


Reflets d’une culture antique:

Après Mosaïque des eaux, ouvrage très bien accueilli, à la fois par les professionnels et les profanes, Sabah Ferdi nous fait découvrir cette fois, les mosaïques romano-africaines.
Elle nous convie à un voyage à l’intérieur des maisons de Cherchel, l’antique Caesarea dont les origines remontent au Ve siècle av. J-C, pour nous dévoiler les mosaïques de l’Afrique antique.

C’est une étude d’archéologie, cela est précisé dans la préface, consacrée à toutes les mosaïques romano-africaines de la région de Cherchel.

Pour Sabah Ferdi, cet «album d’images de mosaïques, décrites, commentées et replacées dans le contexte», décrypte le message véhiculé par ces œuvres antiques. C’est donc, l’approche iconographique culturaliste qui fait suite à l’approche iconographique technique, dont il est question.

«A l’abri de l’une des plus vastes murailles du monde romain, Caesarea, capitale royale puis provinciale, a la parure grandiose des autres cités de la Méditerranée occidentale : les programmes successifs d’embellissement des édifices publics, la profusion des matériaux nobles et la qualité du décor des vastes et luxueuses maisons, permettent de mesurer la prospérité de la ville ainsi que la richesse et la puissance des élites issues de la fusion entre les aristocraties indigène et romaine», peut-on lire également dans la présentation de l’ouvrage signée par l’équipe éditoriale.

Trois parties agencent cet ouvrage. D’abord le cadre historique et géographique et le contexte architectural des pavements retenus, puis les mosaïques suggestives de la culture et enfin, les aspects de la nature dont elles ont privilégié l’évocation et le décor.

Ainsi à travers cet ouvrage, l’on apprend à mieux appréhender «la sensibilité de l’Algérie originelle».

Inspecteur du patrimoine culturel, en charge du site du patrimoine mondial de Tipasa, Sabah Ferdi se consacre depuis deux décennies à l’étude et à la préservation voire à la promotion des sites archéologiques algériens, notamment ceux de Tipasa et de Cherchel.

A travers ses ouvrages, très exhaustifs en matière de recherche, elle nous introduit délicatement dans le monde des richesses patrimoniales.

S’investissant entièrement dans sa mission de recherche en archéologie, elle a signé de nombreux articles et contributions, à travers la presse nationale, dans lesquels elle tente de faire prendre conscience de la valeur du patrimoine que recèle l’Algérie et de la nécessité voire de l’importance vitale de le préserver, comme on préserve une mémoire de l’aliénation.
Elle codirige, par ailleurs, un projet de recherche «corpus des mosaïques antiques de l’Algérie».

H. A.

Sabah Ferdi, Mosaïques romano-africaines. Culture et nature à Cherchel,
éd. du Tell,
Blida, 175 pages.



Source: la nouvelle republique 10-05-2006
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MOSAÏQUES ROMANO-AFRICAINES DE SABAH FERDI

La gloire au-dessus du silence




Quand le silence parle de la magnificence des hommes au passé...

Dans la demi-obscurité de la salle du palais de la Culture où l’on projetait, l’autre jour, sur un écran les diapositives des mosaïques qui avaient fait, entre le iiie et le vie siècle après J.C., la splendeur de l’antique Caesarea, la voix éraillée de la présentatrice Mme Sabah Ferdi, auteur de Mosaïques romano-africaines (*) me faisait l’effet de venir d’un monde présent, vivant, mais replacé dans son cadre historique et géographique d’autrefois. Plus que fascination spirituelle ou rêve éveillé, c’était une étrange plénitude ressentie, grâce à cette voix pleinement humaine, vibrante, nerveuse, commentant des images inanimées de la vie heureuse d’une cité qui naquit chez nous, qui se développa chez nous et qui nous révèle aujourd’hui, dans le territoire de Cherchell d’aujourd’hui, le secret de son éternité: le «bien-être», le «bien exister», le «souverain bien». C’était autant de mosaïques tapissant «les sols des riches habitations de Césarée : décors tirés, à la fois, de l’observation, de la littérature mais aussi des réminiscences de la mythologie.

Les grands propriétaires, les riches commerçants de blé, d’huile et de vin, les puissants armateurs utilisaient cet art de la mosaïque qui leur renvoyait, d’eux-mêmes et du monde, les images les plus flatteuses et les plus rassurantes.»

Sabah Ferdi est algérienne. Il faut le préciser à ceux qui doutent de la compétence de nos chercheurs et, d’une façon générale, de nos intellectuels et pour qui, obstinément, rien ne serait bon et juste à prendre ou à apprendre qu’il ne nous vienne d’ailleurs.
Cette maladie grave et contagieuse, qui a fait des ravages dans d’autres domaines de notre culture, se soigne encore si l’on a un reste de lucidité et de tempérance pour ouvrir aussi l’excellent album d’images Mosaïques romano-africaines, culture et nature à Cherchell qui s’adresse avant tout «à la sensibilité visuelle».
Là, pour la technique et l’artistique, l’image des Éditions du Tell est sauve.

On y trouve d’abord un texte vivant interprétant magnifiquement le silence des représentations mortes, puis des explications riches et claires pour donner la juste parole à des pièces et tableaux de mosaïques plus ou moins entiers et, ce qui est le plus attendu, des reproductions attrayantes en couleur.
Voici donc, page à page, par exemple, les mosaïques des Trois Grâces, du Cheval Mucossus, des Noces de Thétis et de Pélée, du Combat des centaures et des fauves, de la Légende d’Achille, d’Ulysse et les Sirènes, des Fleurs, des Travaux champêtres, des Paons affrontés, de la Faune marine, etc.
Le tout est ponctué judicieusement de citations d’auteurs anciens : Apulée de Madaure, Saint-Augustin, Dracontius, Minucius Felix et Némésien.

L’auteur a conçu son ouvrage pour séduire et simplement instruire, c’est-à-dire pour donner du plaisir à découvrir un aspect exceptionnel de notre patrimoine culturel et surtout pour le comprendre et s’imprégner de la philosophie véhiculée par cet art original de la mosaïque pratiquée dans un des hauts lieux de l’histoire de l’Algérie originelle.

Sous la conduite parfaite, car passionnée et qualifiée, de Sabah Ferdi -qui est professeur, archéologue, chercheur aux activités multiples, conservatrice en chef des sites et Musée de Tipaza et de Cherchell et mondialement connue et reconnue par ses pairs- nous entrons dans un domaine que nous ignorons, à notre corps défendant, et qui, pourtant, nous appartient. Sans fioritures, Sabah Ferdi nous met devant notre Bien et, avec le charme exquis du pédagogue et la rude méthode du scientifique, elle nous invite à apprécier son album.
Sachant à quel public elle s’adresse, et le définissant, elle avertit: «Il s’agit plutôt, comme l’indique son titre, d’une présentation de mosaïques à la fois expressives d’une nature et suggestives d’une culture.»

Devant tant de beauté et de vérité de la nature et des travaux des hommes, les Algériens, jaloux qu’ils sont de leur culture plurielle y trouveront source de réflexion, d’inspiration et de création.
Toutefois, il faut le savoir, ainsi que le souligne Sabah Ferdi dans sa conclusion, «La population qui, à Césarée, commandait les mosaïques que nous venons de présenter, ne constituait pas toute la population de la côte, tant s’en faut!»

Kaddour M’HAMSADJI
source: L’expression du 10 mai 2006
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